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RAPPORT 2014

Transition à l’enseignement

De Frank McIntyre
INFOGRAPHICS: MARLO BIASUTTI/STUDIO 141

Illustration de statistiques, issues de l’étude sur la transition à l’enseignement. Les données suivantes y sont énoncées : la première année, le taux de chômage est tombé de 41 % en 2013 à 33 % en 2014.

L'horizon laisse entrevoir de bonnes nouvelles pour les enseignantes et enseignants en début de carrière. Selon les résultats du sondage 2014 de l’Ordre, le marché de l’emploi en enseignement en Ontario a pris un tournant. Au lieu de continuer à empirer, le surplus a commencé à s’amenuiser et cette tendance s’accentuera au cours des prochaines années, surtout du fait que moins de personnes embrassent la profession.

Le sondage montre que les taux de chômage commencent à baisser chez les personnes récemment diplômées d’un programme de formation à l’enseignement ontarien. Une bonne nouvelle après sept ans de hausse continue des taux de chômage, l’une des principales mesures d’évaluation de la situation d’emploi.

Beaucoup trop de nouveaux enseignants sont toujours sans emploi ou sous-employés. Pour la plupart, l’attente du plein emploi se calcule toujours en années, mais elle commence à diminuer et les nouveaux enseignants possédant des qualifications dans des domaines historiquement en demande parviennent de nouveau à trouver un emploi plus tôt dans leur carrière.

Selon le plus récent sondage sur la transition à l’enseignement, le taux de chômage des enseignants en première année de carrière qui résident et ont obtenu leur diplôme en Ontario est passé à 33 %, comparativement à 41 % l’année précédente. Durant l’année scolaire 2013-2014, on a observé moins de concurrence par rapport aux quelques années précédentes, car le nombre de diplômés a diminué ces dernières années, et le fait qu’il y a moins de personnes formées à l’extérieur de l’Ontario qui ont demandé l’agrément et plus de pédagogues en début de carrière qui ont quitté la profession.

Un tableau illustre des données sur le pourcentage de diplômés des programmes en français en première année de carrière. L’information est répartie en deux sections, soit par région et par employeur. Basées sur les sondages de 2013 et de 2014, les données figurent respectivement par région : 28 % et 52 % dans l’est de l’Ontario; 20 % et 20 % dans Toronto et sa région; 29 % et 19 % ailleurs en Ontario; 23 % et 9 % à l’extérieur de l’Ontario. Basées sur les sondages de 2013 et de 2014, les données figurent respectivement par employeur : 66 % et 83 % dans les conseils scolaires publics ou catholiques de langue française en Ontario; 10 % et 7 % dans les conseils scolaires publics ou catholiques de langue anglaise en Ontario; 1 % et 1 % dans les écoles privées de l’Ontario; 23 % et 9 % à l’extérieur de l’Ontario.

Pendant l’année scolaire 2013-2014, la situation d’emploi des enseignants en première année de carrière à l’élémentaire et de la plupart de ceux au secondaire s’est clairement améliorée par rapport à l’année précédente. Le taux de chômage des enseignantes et enseignants qualifiés pour enseigner le français langue seconde (FLS), tout comme celui des diplômés des programmes en langue française, se situe maintenant à environ 10 % pendant la première année scolaire. De même, la demande augmente encore pour certaines qualifications en anglais, lesquelles promettaient il y a des années un emploi en début de carrière. Les diplômés qualifiés pour enseigner les mathématiques, les sciences ou l’informatique ont été beaucoup moins nombreux à se dire au chômage que les autres.

De nombreux pédagogues qui entreprennent leur carrière en enseignement en Ontario continuent d’attendre longtemps le plein emploi. Pour eux, le chemin est long. Ils recherchent de manière proactive des emplois dans le système scolaire financé par les fonds publics de l’Ontario, dans les écoles privées de la province, dans d’autres provinces et à l’étranger. La réussite commence à leur sourire plus tôt, mais la moitié d’entre eux ne sont toujours pas bien établis dans la profession trois ans après l’obtention de leur diplôme, et c’est aussi le cas des deux cinquièmes d’entre eux après cinq ans.

Il semble que les améliorations à la situation d’emploi soient largement attribuables au plus faible nombre de nouveaux enseignants ontariens ayant fait leur entrée sur le marché déjà saturé de l’emploi au cours des dernières années. Les diplômés des facultés d’éducation de l’Ontario et les enseignants formés à l’étranger ont été, en moyenne, 2 000 de moins par an à entrer sur le marché de l’emploi, comparativement aux quatre années précédentes.

La concurrence pour les emplois diminue aussi parce que les enseignantes et enseignants de l’Ontario sont de plus en plus nombreux à ne pas renouveler leur inscription à l’Ordre. L’analyse des données du tableau de l’Ordre montre que le taux d’attrition chez les diplômés de l’Ontario est passé de moins de un dixième (9,5 %) en 2005 à près de un huitième (12,2 %) en 2012. Le taux d’attrition s’élève maintenant à plus de un septième (15,5 %).

Le nombre anticipé de nouveaux enseignants qui seront agréés en 2014 et 2015 est bien plus bas que pendant la période de 2008 à 2011 à laquelle correspond la création de l’essentiel du surplus de l’effectif enseignant. L’introduction du programme ontarien de formation à l’enseignement prolongé, en septembre cette année, implique que très peu d’étudiants obtiendront leur diplôme dans la province en 2016, et que le nombre annuel de diplômés sera ensuite inférieur d’environ 50 % par rapport aux années passées.

La recherche d’un premier poste a été très stressante en raison du faible nombre de postes vacants dans l’est de l’Ontario. Après avoir postulé à plusieurs reprises sans succès, j’ai obtenu un poste pour enseigner le français dans une école de langue anglaise de Montréal. J’ai donc eu la très grande chance de pouvoir commencer ma carrière, mais j’espère trouver un emploi dans un conseil scolaire de l’Ontario d’ici quelques années.

Diplômée de 2013 d’un programme en langue française, qualifiée pour enseigner aux cycles primaire-moyen

Les départs à la retraite devraient se maintenir en Ontario jusqu’à la fin de la décennie, ce qui vient aussi améliorer le tableau de l’emploi pour les futurs diplômés.

Nombre des pédagogues sans emploi ou sous-employés ont peu d’expérience en enseignement dans la province. Certains sont des diplômés des facultés d’éducation de l’Ontario des cinq dernières années qui ont passé leur temps à faire un peu de suppléance à la journée ou à être au chômage, ou encore qui ont quitté la province pour enseigner ailleurs. D’autres sont des néo-Canadiens et des Ontariens formés à l’étranger. Bien que ceux-ci puissent avoir acquis une vaste expérience ailleurs, ils sont très nombreux à être au chômage depuis leur agrément en Ontario.

Au fur et à mesure que le nombre d’enseignants excédentaires diminue en Ontario, les perspectives d’emploi des nouveaux diplômés s’améliorent. Par conséquent, les conseils scolaires devront sans doute avoir des pratiques de recrutement plus énergiques à l’égard des suppléants, suppléants à long terme et enseignants permanents, surtout pour pourvoir des postes dans des écoles de langue française et pour enseigner le FLS dans des écoles de langue anglaise ainsi que pour les matières spécialisées du secondaire, où l’on affiche déjà des taux de chômage moins élevés. Les besoins en personnel des conseils scolaires pourront en partie être comblés par les enseignants agréés ces dernières années qui ont peu d’expérience en enseignement ou de l’expérience ailleurs qu’en Ontario seulement.

Pour la deuxième année consécutive, les diplômés des programmes en français de l’Université Laurentienne et de l’Université d’Ottawa ont fait état de meilleures situations d’emploi. Le marché de l’emploi en Ontario a, pour eux, clairement pris un virage. Ces diplômés en début de carrière disent qu’ils ne sont pas autant au chômage et qu’ils trouvent plus d’emplois que leurs pairs des dernières années. Cependant, les répercussions du surnombre d’enseignants des dernières années obligent nombre d’entre eux à continuer de se battre pour se faire une place dans la profession.

Le taux de chômage de ces diplômés en première année de carrière est passé de 22 % en 2012 à 14 % en 2014. La situation est encore meilleure pour les résidents de l’Ontario. Plus de diplômés demeurent maintenant en Ontario pendant la première année qui suit l’obtention de leur diplôme. De plus, le taux de chômage des enseignants en Ontario est tombé à 12 %. Les deux cinquièmes des diplômés ontariens de 2012 ont obtenu un emploi permanent avant leur deuxième année de carrière, soit deux fois plus que l’année précédente.

Le sous-emploi persiste tout de même pour les diplômés des programmes de langue française en début de carrière. De plus, pour ces nouveaux diplômés, le marché n’a pas retrouvé toute sa vigueur des années de plein emploi, soit en 2008 et avant.

Toutefois, selon le sondage 2014, la situation de certains enseignants en première année de carrière est meilleure que celle de leurs pairs. En effet, le taux de chômage des diplômés et résidents de l’Ontario qualifiés pour enseigner aux cycles intermédiaire-supérieur est de seulement 6 %, tandis que pour les cycles moyen-intermédiaire, il est de 9 %. Mais pour ceux qui sont qualifiés pour enseigner aux cycles primaire-moyen, la situation n’est pas aussi rose. À 16 %, leur taux de chômage semble vouloir se maintenir à un niveau élevé, même s’il est préférable au taux de 21 % déclaré par les diplômés de la cohorte 2012 pendant leur première année de carrière.

Le plus grand nombre de possibilités d’enseigner en Ontario pour les diplômés en première année de carrière a encouragé beaucoup plus de ces diplômés de l’Université Laurentienne et de l’Université d’Ottawa à rester en Ontario. Ils ont été bien plus nombreux à obtenir un premier emploi en enseignement dans les conseils scolaires de langue française de la province. Les conseils de l’Est semblent, à cet égard, avoir été les principaux pourvoyeurs de possibilités d’emploi pour les enseignants en première année de carrière.

Procédures d’embauche des enseignantes et enseignants

Le règlement entré en vigueur en 2012 vise la transparence des pratiques d’embauche des conseils scolaires financés par les fonds publics de l’Ontario. Les procédures ainsi normalisées établissent le cheminement type des nouveaux pédagogues vers un emploi permanent, lequel exige habituellement qu’ils commencent par faire de la suppléance à la journée ou à court terme avant de postuler à des emplois de suppléance à long terme, puis à des postes permanents au sein d’un conseil scolaire. Cette mise en contexte est importante pour comprendre les résultats du sondage 2013-2014. Les possibilités d’emploi continueront d’augmenter pour les enseignants en début de carrière, mais ce processus par étapes vers le plein emploi devrait perdurer pour la plupart d’entre eux. Le règlement ne s’applique cependant pas aux procédures d’embauche des écoles privées de l’Ontario.