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Lu, vu, entendu

Des enseignantes et enseignants ont évalué ces ressources pour vous.

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Très gros plan de l'écrivain Gabriel Robichaud.

Huit ressources primées en 2017

Gabriel Robichaud : Nerd, cool et indigné

«Vas-tu pouvoir vivre de ça?» demandent les parents de Gabriel Robichaud lorsque leur fils leur annonce qu’il veut faire carrière dans le milieu du théâtre. «Moi, dit M. Robichaud, la question que je me suis posée, c’est : “Est-ce que je peux vivre sans ça?”»

«Le rôle de parent, c’est de s’inquiéter. Le rôle de l’enfant, c’est de s’indigner», dit-il.

Installé à Ottawa depuis trois ans, ce poète, dramaturge et comédien originaire de Moncton vit de son art. À 27 ans, il a déjà deux recueils de poésie à son actif et vient de publier une pièce de théâtre pour adolescents. Cette année, il joue aussi le premier rôle dans une télésérie tournée au Nouveau- Brunswick. Il a déjà reçu de nombreux prix dont le prix Viola-Léger 2011 et le prix spécial Suzanne-Cyr 2012 de la Fondation pour l’avancement du théâtre francophone au Canada. Il vient de remporter une médaille d’argent aux Jeux de la Francophonie à Abidjan, en Côte d’Ivoire, où il représentait le Nouveau-Brunswick en littérature.

Aujourd’hui, Gabriel Robichaud donne des ateliers-conférences dans les écoles sur la poésie et la création littéraire. «Du point de vue des jeunes, je suis cool, alors que ce n’est pas forcément ainsi qu’on me voyait lorsque j’étais au secondaire, au contraire! J’avais sauté une année et, même si je jouais au hockey et que je faisais de la natation et de l’impro, l’étiquette de nerd a collé très tôt.»

«J’avais envie d’écrire la pièce que j’aurais voulu voir lorsque j’étais moi-même adolescent», dit le dramaturge en parlant du Lac aux deux falaises, une pièce publiée chez Prise de parole, à Sudbury. Quand on lui demande ce que disent les autorités scolaires de certaines scènes, dont une où un personnage est tué d’un coup de fusil, il répond : «Dans Roméo et Juliette, on se suicide et on s’empoisonne. Pourtant, on n’imagine pas un adolescent ne pas connaître Roméo et Juliette à la fin de son secondaire.»

Son plus grand défi est de convaincre les gens que ce genre de scène a du bon. «Il faut faire confiance aux jeunes parce qu’ils sont capables d’en prendre; convaincre des adultes pudiques ou protectionnistes que ça en vaut la peine. Sinon, les enfants et les ados iront chercher leur rébellion et leurs défis autrement. Souvent, ils vont les chercher en anglais parce que c’est l’interdit et on ne présente pas la possibilité de l’interdit dans la langue française.»

Le rôle du dramaturge n’est-il pas aussi de s’indigner?

– Rochelle Pomerance, responsable de la rubrique

Image de la couverture du livre «Le lac aux deux falaises». L'image est une illustration d'une femme qui se tient à flot dans un lac. À sa gauche et à sa droite se trouvent deux silhouettes noires.

Le lac aux deux falaises

De Gabriel Robichaud

Prix littéraire Le Droit 2017, catégorie jeunesse

Dès les premières pages, on est frappé par l’absence de ponctuation, de didascalies et de décor, ce qui est inhabituel pour une pièce de théâtre. Or, l’absence mène à l’ambiguïté, au doute. Et c’est peut-être cela qu’a voulu explorer l’auteur quand il s’adresse à son public d’adolescents avec une langue telle qu’ils la parlent au quotidien, une langue authentique à la réalité canadienne.

Le lac aux deux falaises fait écho à certains aspects du nouveau roman. Les propos de Nathalie Sarraute qui écrit, dans L’Ère du soupçon, «Le temps n’était plus celui de la vie réelle mais celui d’un présent, d’un présent démesurément agrandi», s’appliquent parfaitement à cette pièce à la fois énigmatique et ouverte à diverses interprétations : quête de l’adolescence qui rêve de l’invincible; fantasme qui permet d’échapper aux douleurs du présent; énigme de la vie avec toutes ses surprises.

Une pièce de théâtre qui intriguera les jeunes, surtout si elle est encadrée par une discussion approfondie en classe.

Critique de Véra Nochtéva, EAO, enseignante de français à la White Oaks Secondary School d’Oakville, Halton District School Board.

Le lac aux deux falaises; Prise de parole; Sudbury; 2016; ISBN 978-2-89423-963-6; 126 p.; 16,95 $; Dimedia; 514-336-3941; dimedia.com

Image de la couverture du livre «Le colosse des neiges de Campbellton. L'image est une illustration d'un sasquatch marchant dans la neige.

Le colosse des neiges de Campbellton

De Denis M. Boucher, illustrations de Paul Roux

Prix Tamarac 2017

Il n’est pas toujours facile de trouver un roman qui plaise à tout le monde. Heureusement, celui-ci propose des enfants intelligents, des adultes compliqués et une aventure dans un village acadien qui cache des secrets.

Ce polar concerne les trois mousquetaires : Mamadou, Ania et Gabriel. Ces enfants ont le talent rare de résoudre des mystères qui confondent les adultes. Au Nouveau-Brunswick, durant des tempêtes de neige, des gens ont vu un yéti, une bête énorme qui les terrorise.

Les thèmes de ce roman sont pertinents. Pourquoi croit-on encore aux monstres? Devrions-nous toujours nous méfier des bruits qui courent? Est-ce vrai que voir, c’est croire?

On retrouve un peu de la bête mythique d’Arthur Conan Doyle dans Le chien des Baskerville. Et comme Sherlock Holmes, Ania valorise le raisonnement logique et essaie de convaincre les garçons d’en faire autant pour résoudre ce mystère.

Heureusement, l’écrivain évite de créer des personnages stéréotypés. Les filles jouent au hockey aussi bien que les garçons, et Ania est une fille sûre d’elle-même. Cela facilite les discussions pendant nos cours abordant les clichés sur les filles et les garçons.

Si vous cherchez une histoire avec des éléments de suspense et des personnages qui font preuve d’une saine ouverture d’esprit, je vous encourage à lire ce roman avec vos élèves.

Critique de Pamela AuCoin, EAO, enseignante de français et d’études sociales (7e année) pour le programme de français intensif à la Willowdale Middle School de Toronto, Toronto District School Board.

Le colosse des neiges de Campbellton; Bouton d’or Acadie; Moncton; 2015; ISBN 978-2-89750-001-6; 184 p.; 19,95 $; Bouton d’or Acadie; 506-382-1367; boutondoracadie@nb.aibn.com; boutondoracadie.com

Image de la couverture du livre «Le facteur de l'espace». L'image est une illustration d'un facteur debout sur une planète.

Le facteur de l’espace

De Guillaume Perreault

Prix Tamarac Express 2017

Ce roman graphique relate les aventures extraordinaires de Bob, un facteur spatial qui distribue le courrier de planète à planète. Un matin, son patron modifie son trajet de distribution, et l’existence de Bob s’en trouve à jamais changée. Le facteur affrontera la pluie et la boue, survivra à la pollution de masse, échappera de justesse à une meute de chiens, rencontrera des nains et des géants, et ménagera des personnalités étranges comme ce monsieur Petit, qui exigera qu’il lui dessine un mouton.

Le lecteur averti pourra tracer des parallèles avec deux classiques de la littérature mondiale : Les voyages de Gulliver de Jonathan Swift et Le petit prince d’Antoine de Saint-Exupéry. Ainsi, Guillaume Perreault manie les changements de taille relative de son personnage principal et, sur une planète où dort un volcan, un garçon à la rose et à la chevelure d’or mettra à rude épreuve la patience de Bob.

Les élèves de l’élémentaire apprécieront les péripéties de l’intrigue, alors que ceux du secondaire réfléchiront à l’intertextualité qui unit cette bande dessinée à d’autres œuvres, d’autres temps et d’autres lieux. Tous gagneront à se pencher sur la relation qui existe entre l’individu et son milieu, sur la gestion des différences physiques et culturelles, sur l’adaptation au changement et, enfin, sur le devenir d’une société et d’un monde qui n’existent pas encore.

Critique de Bertrand Ndeffo Ladjape Mba, EAO, enseignant de français (11e et 12e année), Collège français de Toronto, Conseil scolaire Viamonde.

Le facteur de l’espace; La Pastèque; Montréal; 2016; ISBN 978-2-923841-89-2; 146 p.; 21,95 $; Flammarion; 514-277-8807; flammarion.qc.ca

Image de la couverture du livre «Aux toilettes». L'image est une illustration d'élèves levant la main.

Aux toilettes

D’André Marois, illustrations de Pierre Pratt

Prix Peuplier 2017

C’est un jour comme les autres dans la classe de monsieur Francis, jusqu’à ce que Julie demande à aller aux toilettes et adopte un comportement bizarre à son retour. Suivent Thomas, Anne-Charlotte, Edgar, Marilou, puis toute la classe et même l’enseignant. Chacun revient avec une histoire et un air bizarre. Qu’y a-t-il donc dans ces fameuses toilettes?

Partant d’un fait banal de la vie quotidienne, l’auteur construit une histoire originale avec des personnages fort sympathiques en exploitant avec efficacité une structure récurrente, l’accumulation et un point de chute rigolo. Le texte de cet album pour les 5 à 8 ans est minimaliste; les dialogues sont mis en relief par un encadré de couleur, et de grandes illustrations vives et colorées au crayon apportent un excellent soutien au récit. Ce livre peut facilement servir d’amorce à une activité d’écriture en classe ou à une activité de création de saynètes. On pourra demander aux élèves de suggérer d’autres voyages imaginaires ou d’inventer une explication différente au mystère entourant les toilettes de l’école. Tous les éléments sont réunis pour que fleurissent des anecdotes empreintes de folie et de fantaisie!

Critique de Marie-Christine Payette, EAO, enseignante à contrat et traductrice-réviseure, La Tuque (Québec).

Aux toilettes; Druide; Montréal; 2015; ISBN 978-2-89711-168-7; 32 p.; 19,95 $; Druide; 514-484-4998; editions@druide.com; druide.com

Image de la couverture du livre «Ski, Blanche et avalanche». L'image est un gros plan d'une femme portant un masque de ski et d'un téléphérique en arrière-plan.

Ski, Blanche et avalanche

De Pierre-Luc Bélanger

Prix du livre d’enfant Trillium 2017 (langue française)

Lisez la critique de ce livre dans la revue de décembre 2016 (page 36). Vous la trouverez sur notre site à oeeo.ca Pour parler professionArchives.

Image d'une scène du court métrage d'animation «La maison du hérisson». L'image est le personnage Lili la renarde en train d'écrire.

La maison du hérisson

D’Eva Cvijanović

6 prix internationaux dont :

Pour Hervé le hérisson, sa maison est le paradis. Il refuse poliment l’invitation à passer la nuit chez son amie Lili la renarde, préférant retourner chez lui. Contrariée et curieuse, cette dernière décide d’aller découvrir ce que son foyer a de si particulier. Trois autres animaux de la forêt (le loup, l’ours et le sanglier) se joignent à elle. S’ensuit un affrontement entre les trois compères et le hérisson puisqu’ils n’arrivent pas à voir la valeur de sa maison qu’ils dénigrent vertement. Lili, elle, finit par comprendre.

Inspiré de la célèbre histoire de Branko Ćopić, ce court-métrage d’animation en image par image, avec ses personnages et décors en feutre, recrée avec chaleur et justesse l’atmosphère de la forêt animée. Visant les jeunes de l’élémentaire, ce film se prête bien à une discussion en classe sur la définition du chez-soi, laquelle peut différer d’une personne à l’autre, et du sentiment de bien-être et de sécurité qu’on éprouve lorsqu’on est à la maison.

Critique de Marie-Christine Payette, EAO, enseignante à contrat et traductrice-réviseure, La Tuque (Québec).

La maison du hérisson; ONF; Montréal; Bonobostudio (Croatie); 2017; 10 min; disponible sur le site CAMPUS de l’ONF et sur ONF.ca; 1-800-267-7710

Image d'une scène du film d'animation «La vie en Rosie - L'épopée persane de Rosie Ming». L'image est un dessin animé de Rosie en train de parler à une poète iranienne.

La vie en Rosie – L’épopée persane de Rosie Ming

D’Ann Marie Fleming

16 prix internationaux dont :

Malgré la richesse des nombreux films de la collection de l’Office national du film du Canada, je dois avouer que j’en utilise très peu dans mes cours. J’ai donc été bien heureuse de pouvoir en visionner un pour cette rubrique.

Rosie Ming, une Canadienne d’origine chinoise et persane, écrit secrètement des poèmes. Quand son premier recueil de poésie est publié, elle est invitée à un festival en Iran. C’est ainsi que commence sa quête inattendue pour retrouver son père, qui l’a abandonnée lorsqu’elle avait 7 ans. À travers les aventures de cette Canadienne qui ressemble à tant d’autres aujourd’hui, on apprend divers faits historiques intéressants. L’histoire est extrêmement bien ficelée et la fin est si touchante que j’en ai eu les larmes aux yeux!

Le film, sous-titré en français, est joué en anglais. Le langage métaphorique conviendrait mieux aux élèves à partir de la 6e année. Ce film d’animation peut animer des discussions sur divers sujets, dont les cultures. Bon visionnement!

Critique de Mélany Bouchard-MacPhail, EAO, enseignante de français à l’école secondaire catholique Béatrice-Desloges d’Ottawa, Conseil des écoles catholiques du Centre-Est.

La vie en Rosie – L’épopée persane de Rosie Ming; ONF et Stickgirl Productions; Vancouver; 2016; 1 h 29 min; disponible sur le site CAMPUS de l’ONF et sur ONF.ca; 1-800-267-7710

Image de la couverture du livre «Même pas vrai». L'image est une illustration d'un petit garçon qui tient un micro et dit «Même pas vrai».

Même pas vrai

De Larry Tremblay, illustrations de Guillaume Perreault

Prix TD 2017

L’enseignante de Marco a donné à la classe la tâche de réaliser «un reportage comme à la télé». À 7 ans et demi, Marco est curieux et, armé d’un micro imaginaire, il va rendre compte des faits les plus intrigants de la vie familiale, de ses relations amicales et de ses explorations quotidiennes.

Les lecteurs ne s’ennuient pas à suivre Marco dans ses aventures de journaliste en herbe. Son sens de l’observation, son questionnement perpétuel, son imagination aux frontières du réel et du fantastique, sa candeur et son obstination sont autant de traits qui font de ses récits et de ses descriptions des tableaux drôles, saisissants et instructifs. Les illustrations qui accompagnent le texte confèrent aux histoires le statut de légendes.

Avec Marco, les élèves du cycle primaire s’amuseront à découvrir le sens des expressions comme «une hirondelle ne fait pas le printemps» et décoderont ainsi le sens implicite des reportages. Enfin, Même pas vrai aborde des contenus du cours d’éducation physique et santé : l’alimentation, le maintien d’une bonne condition physique, la croissance du corps et l’incidence de nos choix sur la santé.

Critique de Bertrand Ndeffo Ladjape Mba, EAO, enseignant de français (11e et 12e année), Collège français de Toronto, Conseil scolaire Viamonde.

Même pas vrai; Éditions de la Bagnole; Montréal; 2016; ISBN 978-2-89714-137-0; 192 p.; 29,95 $; Les messageries ADP; 514-523-1600; adpcommandes@messageriesadp.com; messageries-adp.com