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Lu, vu, entendu

Des ressources pour vous et votre classe.

Pour des ressources en anglais, rendez-vous à Professionally Speaking. Vous pouvez emprunter la plupart des ouvrages en question à la bibliothèque Margaret-Wilson, à l’exception de certaines trousses de classe. Composez le 416-961-8800 (sans frais en Ontario : 1-888-534-2222), poste 689, ou envoyez un courriel pour réserver votre exemplaire.

PHOTOS : STEPHEN FERRIE

La double passion de Gilles Dubois

Impossible d’entretenir une conversation avec Gilles Dubois sans être ensorcelé par ses histoires rocambolesques, qui prennent souvent source dans sa propre vie.

Élevé en France dans les années 1950, Gilles Dubois a eu une enfance malheureuse. À 13 ans, ses parents l’obligent à quitter l’école et à travailler dans une boulangerie, puis dans une pâtisserie. Plus tard, ils décident que leur fils deviendra policier. Tous des métiers qu’il n’aimait pas.

Pendant ses études en technique policière, il fait un stage à Montréal, à l’Expo 67. De retour en France, il décide d’émigrer définitivement au Canada où, pour survivre, il exerce divers métiers, dont plongeur dans un restaurant, barman, coiffeur, chanteur de cabaret, garçon d’ascenseur, vendeur d’aspirateurs et journaliste. Toutefois, aucune de ces occupations ne l’intéresse; deux seuls métiers le passionnent : pédagogue et écrivain.

Enseignant pendant 27 ans, à tous les niveaux du primaire et du secondaire jusqu’au postsecondaire (université et enseignement aux adultes), il envoute ses étudiants grâce à son style d’enseignement atypique. «Dans mes classes, on faisait du pain et, à l’heure du repas, je donnais des cours de coiffure!»

C’est d’ailleurs pour ses élèves qu’il se met à écrire. Des années auparavant, il avait commencé l’histoire d’une orpheline à New York. Il l’a lu aux enfants de sa classe, et ils en ont raffolé. «Ils me disaient, “Gilles, lis-nous la suite.” Alors j’écrivais mon histoire pour eux. Un jour j’ai réalisé que j’avais un livre», raconte-t-il. Cette histoire deviendra le roman jeunesse Aurélie Waterspoon.

À ce jour, l’auteur a publié une dizaine de livres, y compris un roman autobiographique en trois tomes, L’enfant qui ne pleurait jamais, dont le premier volume remporte, en 2012, le prix Christine-Dumitriu-van-Saanen. L’homme qui venait de nulle part est son plus récent titre.

Établi à Alexandria, en Ontario, Gilles Dubois vit en forêt, entouré d’animaux, dont ses deux chiens, et se consacre à l’écriture.

Rochelle Pomerance, responsable de cette rubrique

Photo de la couverture du livre «L'homme qui venait de nulle part».

L’homme qui venait de nulle part

De Gilles DuBois

Cette fiction a de quoi faire perdre au lecteur ses certitudes. L’histoire se résume ainsi : Hidalgo Garcia, marié et père de famille, reçoit en héritage de son cousin Jerry un carnet de notes en même temps qu’un vaste domaine situé dans les environs de New York. Dans ce carnet de notes, le cousin Jerry relate sa rencontre fortuite avec un vagabond et les surprenantes péripéties que celui-ci dit avoir vécues au fil des années.

Le lecteur se retrouve ainsi entrainé dans un labyrinthe dont il ne sortira pas indemne et où se croisent des personnages tous plus inattendus les uns que les autres. Comme dans un rêve débridé, l’espace et le temps tanguent au gré des différents narrateurs et de la perception qu’ils en ont. «Albert Einstein, prix Nobel de physique, lui! le vagabond de Central Park…»

Ce récit fantastique n’est pas sans rappeler Aurélia (1855) de l’écrivain et poète français Gérard de Nerval, avec son côté inquiétant et merveilleux, les pérégrinations du narrateur et sa tentative désespérée d’échapper à la morosité de son quotidien. Les jeunes adolescents du secondaire, dans les cours de littérature, de philosophie, de sociologie, d’histoire et de géographie, notamment, feront des rencontres extraordinaires et se poseront des questions existentielles dignes de l’expérience des Anciens.

Critique de Bertrand Ndeffo Ladjape Mba, EAO, enseignant de français au Collège français de Toronto, Conseil scolaire Viamonde.

L’homme qui venait de nulle part; Les Éditions L’Interligne; Ottawa; 2018; ISBN 978-2-89699-623-0; 316 p.; 26,95 $; 613-748-0850; interligne.ca

Photo de la couverture du livre «Petite encyclopédie de l'enseignant efficace».

Petite encyclopédie de l’enseignant efficace

D’Égide Royer

Y a-t-il, dans votre salle de classe, un enfant victime d’intimidation ou souffrant d’anxiété? Si oui, cette petite encyclopédie pourrait vous être utile. Déplorant le manque de formation en matière de santé mentale, l’auteur offre ici un outil précieux aux intervenants travaillant auprès d’une clientèle d’élèves qui manifestent des problèmes émotionnels ou comportementaux.

Ses interventions désamorceront des moments désagréables vécus en classe, tels les comportements dérangeants et irrespectueux ou la lutte de pouvoir. L’auteur aborde chaque difficulté en considérant les signes précurseurs, leurs origines et les facteurs environnementaux. Son approche favorise la perte de privilèges, les consignes directes, calmes, fermes et exemptes d’émotions, les «louanges», les contacts visuels et la proximité des interventions. Selon lui, les commandements, la punition, les discours moralisateurs ou les répétitions absurdes seraient peu efficaces.

Les chapitres portant sur la santé mentale intéresseront les parents et les pédagogues avides d’information et à l’affut de conseils et de pratiques qui ont fait leurs preuves pour atténuer l’escalade de comportements non souhaités, en particulier chez les enfants qui souffrent de dépression, manquent d’attention, s’automutilent ou présentent un taux d’absentéisme élevé.

Critique de Chantal Leclerc, EAO, directrice à la retraite, Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario, Ottawa.

Les problèmes émotifs et comportementaux à l’école; École et comportement; Québec; 2019; ISBN 978-2-922266-70-2; 425 p.; 45 $; 418-529-6038; ecolecomportement.com

Photo de la couverture du livre «Les mathémagiciens».

Les mathémagiciens

Texte de Donald Violette et Cyrille Sippley. Illustrations d’Andy Demaret

L’histoire commence au début des vacances d’été et, quelle surprise! les quatre héros s’ennuient déjà. Mathilde, Mathéo, Mathis et Gabriel, tous amis, sont à la recherche d’une activité. C’est un soulagement et un plaisir lorsqu’ils rencontrent monsieur Mathou, un voisin qui est enseignant de mathématiques et possiblement… magicien. Les enfants partent en exploration avec lui pour guide. L’aventure commence avec le ruban de Möbius, qui provoque la stupéfaction chez les jeunes. En plus des multiples torsions du ruban de Möbius, on fait la connaissance de la suite de Fibonacci, du nombre d’or, du rectangle d’or et de la spirale d’or, d’un point de vue simple et intéressant.

La bande d’amis fait des rencontres nombreuses et des expériences interactives continues, et explore des thèmes mathématiques variés jusqu’à un point culminant : la visite au parc d’attractions Kennywood où se trouvent les montagnes russes les plus longues en Amérique du Nord.

Ce roman pour les 8 à 13 ans se lit bien et aborde, dans un langage facile, des thèmes assez complexes qui pourront être exploités de façon stimulante en salle de classe. C’est une source d’activités et de discussions captivantes pouvant atteindre des sommets dans vos classes.

Critique de Roland Perron, EAO, enseignant-ressource et enseignant de mathématiques à l’école secondaire catholique Père-René-de-Galinée, Conseil scolaire catholique MonAvenir, Cambridge.

Les mathémagiciens; Bouton d’or Acadie; Moncton (Nouveau-Brunswick); 2017; ISBN 978-2-89750-048-1; 96 p.; 14,95 $; Prologue; 1-800-363-2864; prologue@prologue.ca; prologue.ca

Photo de l'affiche du film «J'aime les filles».

J’aime les filles

Film réalisé par Diane Obomsawin

Traiter de l’homophobie en classe demande du courage. Or, cet outil audiovisuel pourrait s’avérer très utile pour entamer une discussion sur l’homosexualité avec des élèves du secondaire. J’ai fait le test en 9e année, et les discussions ont été pour le moins intéressantes.

La vidéo dure moins de neuf minutes. Elle suit le parcours de l’éveil sexuel de différentes jeunes filles découvrant qu’elles préfèrent les filles. Le tout est abordé à l’aide de bonshommes dessinés – ou plutôt des bonnes femmes!

Les différentes voix de jeunes filles sont touchantes et réalistes. Par contre, les activités proposées sont peut-être moins pertinentes, car le visionnement de la vidéo pourrait déjà donner lieu à des discussions très riches.

Bref, soyez courageux! Le potentiel pédagogique de la vidéo dépend de vous et de ce que vous êtes prêt à faire dans votre salle de classe. L’homophobie reste encore d’actualité. Il faut encourager les jeunes à apprivoiser ce qu’ils ne connaissent pas afin qu’ils puissent comprendre que, dans le fond, l’amour, c’est beau!

onf.ca/film/jaime_les_filles

Mini-leçon d’accompagnement

blogue.onf.ca/blogue/2019/02/21/mini-lecon-jaime-les-filles

Critique de Mélany Bouchard, EAO, enseignante de français au collège catholique Mer Bleue, Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, Ottawa.

J’aime les filles; ONF; 2016; 8 min; 1-800-267-7710; onf.ca

Photo de la couverture du livre «Max Einstein - Tome 1 : Le laboratoire des génies».

Max Einstein – Tome 1 : Le laboratoire des génies

De James Patterson et Chris Grabenstein, traduit de L’Anglais par Brigitte Hébert

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Max Einstein est une fille exceptionnelle. Comme elle veut aider les sans-abris et sauver notre monde en péril, elle s’affaire déjà, à 12 ans, à inventer une machine agricole fonctionnant à l’énergie renouvelable.

Sans-abri et orpheline, Max ignore ses origines. Dans un roman typique, elle serait un personnage au destin tragique ayant peu d’espoir. Mais dans ce livre, elle est encouragée à aider ceux qui vivent des situations similaires. Ses difficultés sont, en réalité, une belle motivation qui la pousse à venir en aide aux autres. Le roman offre aux lecteurs une intrigue comportant de nombreux rebondissements. En raison de son génie, Max attire l’attention d’une organisation sans but lucratif, qui devra d’ailleurs la protéger parce qu’un scientifique cupide veut la kidnapper et exploiter ses idées pour en tirer profit.

Ce livre est un atout dans une classe de sciences. Max parle souvent d’Albert Einstein et de ses théories. Pour les jeunes amateurs de sciences, c’est un pur bijou. Mais c’est aussi un roman d’aventures avec, pour protagoniste, une fille courageuse et inventive. Bref, de quoi plaire à tout le monde!

Critique de Pamela AuCoin, EAO, enseignante à la Jackman Avenue Public School, Toronto District School Board.

Max Einstein : Le laboratoire des génies; Petit homme; Québec; 2019; ISBN 978-2- 89754-169-9; 256 p.; 19,95 $; 514-523-1600; adpcommandes@messageries-adp.com; messageries-adp.com messageries-adp.com

Photo de la couverture du livre «Amik aime l'école : une histoire sur la sagesse».

Amik aime l’école : une histoire sur la sagesse

Texte de Katherena Vermette, Illustrations d’Irene Kuziw

Dans ce récit intimiste prenant la forme d’un dialogue, un jeune garçon parle de son amour de l’école avec son Moshoom (grand-père en ojibwé). Moshoom lui parle ensuite de son expérience, qui fut très différente, dans un pensionnat autochtone. C’est alors qu’Amik l’invite à venir visiter son école. L’enthousiasme et l’expérience positive du jeune garçon finissent par gagner son grand-père, et le récit se termine sur une note joyeuse et paisible.

L’intégration de mots en ojibwé et de référents culturels saura susciter l’intérêt des élèves âgés de 4 ans et plus et représente une belle occasion de discussion et de découverte de la culture et des valeurs autochtones. Les jeunes s’identifieront facilement aux personnages attachants qu’une grande complicité unit. Les illustrations aux couleurs vibrantes montrent la tendresse que les deux personnages ont l’un pour l’autre. La mise en pages est épurée et le texte aéré, ce qui laisse une grande place aux personnages expressifs et à la narration efficace.

D’abord paru en 2015 sous le titre Amik Loves School: A Story of Wisdom, ce livre fait partie d’une collection de livres abordant respectivement les sept enseignements des Anishinaabeg : l’amour, la sagesse, l’humilité, le courage, le respect, l’honnêteté et la vérité.

Critique de Marie-Christine Payette, EAO, enseignante contractuelle et traductrice-réviseure, La Tuque.

Amik aime l’école : une histoire sur la sagesse; Éditions des Plaines; Saint-Boniface (Manitoba); 2018; ISBN 978-2- 89611-686-7; 24 p.; 9,95 $; Diffusion Dimedia; 514-336-3941; dimedia.ca

Photo de la couverture du livre «Plutonium».

Plutonium

De Camille Bouchard

Voici le troisième volet d’une série pour jeunes adolescents intitulée Le siècle des malheurs. C’est l’histoire de la relation épistolaire entre deux adolescentes qui, par un concours de circonstances, sont amenées au coeur de l’Histoire avec un «H» majuscule. Un des évènements les plus marquants du XXe siècle y est abordé : la création de la bombe atomique par les États-Unis.

L’action, qui se déroule entre juillet et août 1945, s’articule autour du premier essai nucléaire au Nouveau- Mexique et du déploiement du champignon mortel au Japon, soit à Hiroshima, puis, trois jours plus tard, à Nagasaki. Le récit donne la parole à des jeunes pleins d’innocence, qui ne demandent qu’à vivre. L’authenticité historique est le plus grand atout de ce petit livre. On y relate des faits qui ont marqué non seulement le dernier siècle, mais l’histoire de l’humanité toute entière, même si, hélas, leurs détails se brouillent déjà pour les générations à venir.

Bien que les émotions des personnages soient exprimées de façon somme toute assez schématique, à la manière d’une esquisse qui aurait sans doute pu être approfondie davantage, je recommande néanmoins cette lecture pleine d’esprit aux adolescents, ne serait-ce que pour piquer leur curiosité en ce qui concerne l’un des chapitres les plus tragiques du XXe siècle, ou le «siècle des malheurs», comme l’a si bien titré l’auteur.

Critique de Véra Nochtéva, EAO, enseignante de français au secondaire à la White Oaks Secondary School, Halton District School Board, Oakville.

Plutonium; Les Éditions du Boréal; Montréal; 2019; ISBN 978-2-76462-572-9; 136 p.; 11,95 $; 514-287-7401; boreal@editionsboreal.qc.ca; editionsboreal.qc.ca