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Lu, vu, entendu

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Photo de Michèle Matteau : Studio G. R. Martin Photography; couvertures de livres : Stephen Ferrie

Michèle Matteau, auteure.

Michèle Matteau  se met dans la peau d’un autre

Michèle Matteau a enseigné la physique au secondaire, en immersion à la maternelle et au primaire, ainsi qu’à l’université. Depuis 20 ans, elle écrit des romans pour adultes, de la poésie et des nouvelles, mais elle a aussi écrit une pièce de théâtre. C’est en écrivant cette dernière avec sa coauteure, parmi un groupe d’immigrants africains, qu’elle a pu observer la situation de ces derniers et écouter leurs histoires. «On s’est aperçus qu’on ne pouvait pas tout dire, qu’on effleurait à peine le problème : le drame de la génération qui est née là-bas, celle qui arrive ici avec les souvenirs de là-bas, mais qui n’a pas pris la décision d’immigrer.»

Certains de ces immigrants sont devenus des amis. Même si les années passaient, Michèle Matteau continuait d’être habitée par une jeune venue de l’Afrique de l’Est. «J’entendais cette voix de jeune fille qui se révoltait de sa situation, elle voulait tellement être, comme elle le disait, “normale”.» C’est ce personnage qui est devenu le sujet de son premier livre jeunesse, Entre ici et là-bas. «Le rôle d’un romancier, comme celui de l’acteur, c’est de se mettre dans la peau d’un autre», explique l’auteure.

Bien qu’elle n’ait pas écrit ce roman dans un but pédagogique, elle est persuadée qu’il sera utile aux enseignants qui ont de jeunes immigrants dans leur classe. «Ce roman pourrait être utile pour faire parler ces élèves de leurs problèmes, savoir comment ils se sont adaptés, comprendre ce que vivent leurs parents. Au lieu de les faire parler de leur pays d’origine, ce roman leur donne la parole sur ce qu’ils ressentent. Comme le dit bien le personnage de mon livre : “Je suis fatiguée de parler de là-bas. J’essaie d’être ici.”»

Rochelle Pomerance, responsable de cette rubrique


Couverture du livre Entre ici et là-bas, de Michèle Matteau.

Entre ici et là-bas

de Michèle Matteau

Ce roman aurait pu s’intituler Journal d’une jeune immigrante. La narratrice, Ganaëlle, une adolescente de 16 ans, consigne, dans ses cahiers, les premières années passées avec sa famille en terre canadienne. Son père, journaliste engagé dont la tête avait été mise à prix, avait dû fuir son pays, entrainant dans son évasion son épouse et leurs enfants.

Au Canada, si la famille ne redoute plus le crépitement des armes à feu, elle demeure toutefois tenaillée par l’insécurité : «À la maison, on patauge dans l’eau glauque de l’attente d’autres papiers à remplir, du manque d’argent, de la précarité de l’emploi de mon père et des difficultés de maman à comprendre le français d’ici et à apprendre l’anglais.» Alors on se surprend parfois à regretter le pays lointain, son climat ensoleillé et ses habitants chaleureux, son sol généreux et ses couleurs éclatantes.

Michèle Matteau réussit le tour de force d’unir, dans le cœur et le regard de Ganaëlle, deux mondes que certains auraient tendance à opposer. «L’arbre déraciné a retrouvé son équilibre. Il s’est inventé de nouvelles racines. Encore ténues. Encore fragiles. Mais bien vivantes. Et les bourgeons de l’arbre transplanté, eux, s’épanouissent avec vigueur, entre soleil et pluie, dans le sol d’ici.» Ce récit contre l’ignorance et l’indifférence, présentant les thèmes du respect de l’autre et de l’acceptation des différences, plaira aux jeunes du secondaire, qui en apprécieront aussi la richesse stylistique.

Critique de Bertrand Ndeffo Ladjape Mba, EAO, enseignant de français de 11e et 12e année au Collège français de Toronto, Conseil scolaire Viamonde.

Les Éditions David; Ottawa; 2019; ISBN 978-2-89597-711-7; 166 p.; 14,95 $; 613-695-3339; info@editionsdavid.com; editionsdavid.com


Couverture du livre Pilleurs de rêves, de Cherie Dimaline.

Pilleurs de rêves

de Cherie Dimaline, traduction de Madeleine Stratford

Frenchie, un jeune Métis, quitte la ville, fuyant les agents de l’État qui traquent les Autochtones, les seuls humains encore capables de rêver. Maintenant seul, il lutte pour sa survie. Dans la forêt, il rencontre d’autres Autochtones avec qui il tente de rejoindre le territoire. Frenchie rend compte avec émotion des effets dévastateurs des tentatives d’assimilation du gouvernement tout en révélant la solidarité et la résilience dont font preuve les Autochtones.

S’adressant aux lecteurs de 16 ans et plus, ce récit bouleversant, narré à la première personne, allie le suspense à des dialogues et à des descriptions riches pour mener à une conclusion surprenante. Ce roman sociologique porte un beau message d’espoir : il faut s’accrocher aux rêves, car ils peuvent nous sauver quand on perd de vue nos repères.

L’écriture franche et sensible illustre la vitalité des Autochtones, leur amour pour la nature, la fierté de leurs origines et la richesse de leur culture.

Lauréat du Prix littéraire du Gouverneur général (texte de langue anglaise pour la jeunesse) en 2017, ce livre offre de multiples pistes d’exploration pédagogique : étudier les peuples autochtones et situer leurs communautés sur une carte; découvrir l’histoire et la culture de chaque peuple, relever les difficultés que vivent les personnages; et comparer le mode de vie traditionnel des Métis avec celui des Blancs.

Critique de Marie-Christine Payette, EAO, enseignante contractuelle et traductrice-réviseure, La Tuque.

Les Éditions du Boréal; Montréal; 2019; ISBN 978-2-76462-577-4; 344 p.; 17,95 $; 514-336-3941;infodimedia.qc.ca; dimedia.qc.ca


Couverture du livre L’ère de l’Expansion, de Mathieu Muir

L’ère de l’Expansion

de Mathieu Muir

Les connaissances scientifiques de l’auteur et son intérêt pour les changements climatiques font partie intégrante de cette science-fiction des plus crédibles.

Au XXIIe siècle, la Terre n’est plus ce qu’elle était. La surpopulation et ses conséquences environnementales sont la cause de grands changements. Avec le traité de Tokyo de 2175, les frontières se redessinent. Les deux cents et quelques pays sont chose du passé. La planète se divise maintenant en quatre pôles : le Soleil d’Orient, l’Étoile d’Amérique, l’Union transeuropéenne et l’Alliance du Sud.

L’Expansion est rendue possible grâce aux avancées scientifiques, notamment avec l’invention du téléporteur. L’avenir de l’humanité est en péril. L’expansion vers l’espace demeure une solution, mais les enjeux sont considérables et la rivalité entre les pôles est inévitable. La solidarité ne semble pas une valeur commune et l’esprit de compétition domine.

Frank Blist, Eva Miller, Baiko Mori, Voile et Léa Flamand font partie des personnages principaux qui ont une grande influence sur ce nouveau pan de notre histoire. L’intrigue est intelligente. L’auteur se sert des diverses connaissances du lecteur pour transposer le tout dans un univers tracé différemment. Même dans l’inconnu, le lecteur s’y reconnait, un procédé gagnant pour faire apprécier un genre littéraire parfois sous-estimé.

Critique de Dominique Roy, EAO, enseignante au Centre d’éducation des adultes, Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières, à New Liskeard.

Les Éditions David; Ottawa; 2019; ISBN 978-2-89597-665-3; 266 p.; 14,95 $; 613-695-3339; info@editionsdavid.com; editionsdavid.com


Couverture du livre Guérir nos blessures d’enfance, d’Yann V. Tsobgni.

Guérir nos blessures d’enfance

D’Yann V. Tsobgni

Cet essai parle des enfants que nous avons été et des adultes que nous aimerions devenir. Avec acuité et empathie, Yann V. Tsobgni, auteure, mère, psychologue et consultante formée en Belgique – et qui vit désormais à Toronto –, analyse les déceptions, les frustrations et les trahisons vécues dans l’enfance, ainsi que leurs répercussions sur le développement affectif, psychologique et social. Des témoignages et des exercices d’introspection viennent enrichir le livre.

Éducateurs, pédagogues et parents comprendront mieux les sources d’angoisse des jeunes, dont ils sont parfois responsables. Par exemple, la psychologue dissèque les causes et les symptômes du manque de confiance en soi et d’estime de soi, du perfectionnisme et de la peur de l’échec, autant de défis sur la route du bienêtre et du rendement scolaire de nombreux élèves.

Enfin, l’atout majeur de cet essai se trouve dans son approche culturelle de la santé mentale. Tous les pédagogues de la province gagneraient à prendre davantage conscience de certains traits des communautés issues de l’immigration, comme l’autorité indiscutée des parents, le recul de l’individu au profit du groupe et la polygamie parfois permise ou tolérée. Les responsables du Programme d’appui aux nouveaux arrivants (PANA) en feront leur livre de chevet.

Critique de Bertrand Ndeffo Ladjape Mba, EAO, enseignant de français de 11e et 12e année au Collège français de Toronto, Conseil scolaire Viamonde.

La Doxa Éditions; France; 2018; ISBN 978-2-37638-065-8; 154 p.; 22,50 $; ladoxaeditions@gmail.com; ladoxa-editions.com


Couverture du livre Tache de mayo et graffitis, d’Émilie Rivard.

Tache de mayo et graffitis

d’Émilie Rivard

La jeune Flora a deux buts : planifier un cadeau-évènement pour son père qui est un grand admirateur d’art moderne et découvrir qui est le graffiteur qui a créé des œuvres brillantes (mais destructrices selon certains) partout dans son école.

Ce roman offre des leçons mémo-rables sur l’art contemporain. Peut on dire qu’un graffiti est une œuvre d’art? Certains de vos élèves sont très probablement attirés par cette pratique rebelle. Selon Flora, il ne faut pas sous-estimer les graffitis simplement parce qu’ils sont souvent interdits. Elle affirme que, de son point de vue, ils embellissent son école, autrefois grisâtre et peu inspirante, et a même réussi à convaincre la directrice d’embaucher un artiste pour faire des graffitis sur les murs des couloirs du bâtiment.

Ce roman inspirera des débats ou, à tout le moins, des discussions animées. Il serait intéressant d’explorer en parallèle l’œuvre d’artistes comme le très célèbre Britannique Bansky qui illustre – ou, selon certaines critiques, détruit – des coins urbains partout dans le monde.

Un petit bémol : la maladie du père de Flora est un thème sous-développé. Les lecteurs veulent en savoir plus sur sa narcolepsie et comment cette maladie influence les relations familiales.

L’auteur réussit à convaincre ses lecteurs que le graffiti est vraiment un genre artistique fascinant.

Critique de Pamela AuCoin, EAO, enseignante à la Jackman Avenue Public School, Toronto District School Board.

Bayard Canada; Montréal; 2018; ISBN 978-2-89770-1-406; 144 p.;17,95 $; 514-278-3025 ou 1-800-668-2547; bayardlivres.ca


Couverture du livre Chimie 501, de Josée De Angelis.

Chimie 501

de Josée de Angelis

Ce roman extraordinairement bien fait aborde avec brio les thèmes de l’homosexualité et de la découverte de la sexualité. 

L’histoire commence par une description de l’intimidation que Max a vécue à l’école. Rejeté par ses amis en raison de l’homophobie dont il a été victime l’année scolaire précédente, Max appréhende avec inquiétude sa dernière année au secondaire. Mais voici que débarque Nic, un nouvel élève. Celui-ci lui apprend qu’il se remet d’une peine d’amour avec une fille nommée Jennifer. Rapidement, Max et Nic deviennent de bons amis. Au fil de l’année, leur amitié se transforme en amour, et c’est à travers cette relation que Nic se rend compte qu’il est bisexuel. 

L’évolution de leur relation, avec tous les défis qu’elle représente en milieu scolaire et familial, est extrêmement bien ficelée. L’usage de différents registres rend la lecture très vraisemblable. Les personnages sont attachants et réalistes. 

Cela dit, la relation évolue et le roman traite de la sexualité entre les deux garçons. Certaines scènes comportent des descriptions sexuelles assez détaillées. Malgré cela, j’encourage les enseignants à découvrir ce livre touchant. Il leur permettra peut-être de mieux comprendre leurs élèves, ce qui contribuera certainement à créer des classes inclusives où chacun trouvera sa place. 

Critique de Mélany Bouchard, EAO, enseignante de français au collège catholique Mer bleue, Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, à Ottawa.

Les Éditions de l’Homme; 2018; ISBN 978-2-76195-159-3; 272 p.; 26,95 $; 450-640-1234 ou 1-800-771-3022; adpcommandes@messageries-adp.com; messageries-adp.com


Couverture du livre Parlez-leur d’amour… et de sexualité, de Jocelyne Robert.

Parlez-leur d’amour... et de sexualité

de Jocelyne Robert

Ce livre, de la sexologue émérite Jocelyne Robert, est une lecture essentielle pour tout adulte qui doit assumer un rôle dans l’éducation sexuelle d’un enfant. Il aborde des sujets sensibles mais d’actualité, comme l’hypersexualisation, la culture du viol, le sextage, les identités de genre et la violence sexuelle. L’auteure suggère également des pistes pour accompagner les adolescents dans leur développement psychosexuel en rappelant l’importance du sentiment amoureux dans leurs relations.

Parler de sexualité dépasse largement la discussion sur le sujet des «précautions à prendre». L’adulte ne doit plus être un simple censeur, il doit pouvoir bien informer les jeunes sur la puberté. Il doit aussi s’empresser de relativiser la notion de «normalité» en conseillant aux jeunes de se détacher des médias sociaux.

Même si nous sommes parfois encore loin de cette éducation à la sexualité dans nos salles de classe, tout enseignant, travailleur social ou psychologue en milieu scolaire devrait avoir ce petit livre dans sa bibliothèque personnelle. Chacun deviendra ainsi mieux outillé pour répondre aux élèves curieux, inquiets ou trop peu renseignés. Aborder la sexualité avec naturel, clarté et simplicité n’est pas chose facile. Il en va cependant de la transmission saine et souhaitable, dans notre société, d’un modèle sexuel tendre, ludique, égalitaire, érotique et respectueux.

Critique de Chantal Leclerc, EAO, directrice retraitée du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO), à Ottawa.

Les Éditions de l’Homme; 2018; ISBN 978-2-76195-159-3; 272 p.; 26,95 $; 450-640-1234 ou 1-800-771-3022; adpcommandes@messageries-adp.com; messageries-adp.com