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Lu, vu, entendu

Des ressources pour vous et votre classe.

Vous pouvez emprunter la plupart des ouvrages en question à la bibliothèque Margaret-Wilson. Pour réserver votre exemplaire, envoyez un courriel à biblio@oeeo.ca, accédez à votre dossier en ligne à oeeo.ca, utilisez l’appli OEEO ou composez le 416-961-8800 (sans frais en Ontario : 1-888-534-2222), poste 689. Pour des ressources en anglais, rendez-vous à professionallyspeaking.oct.ca.

Photo de gabriel osson : Christine Bérubé; couvertures de livres : stephen ferrie

Gabriel Osson, auteur du livre Le jour se lèvera

Gabriel Osson : parler à sa façon

Anciennement conseiller principal en politiques d’éducation au ministère de l’Éducation de l’Ontario, Gabriel Osson reste bien occupé durant sa retraite. Il est actuellement président de l’Association des auteures et des auteurs de l’Ontario français et d’Haïti Futur-Canada, un organisme actif dans les écoles rurales d’Haïti. Il anime aussi l’émission Franco Découvertes à CHOQ-FM, fait de la peinture et écrit des poèmes et des romans.

Lorsqu’il écrit, M. Osson revient souvent à Haïti, son pays d’origine, qu’il a quitté à un jeune âge pour venir s’installer d’abord à Montréal, puis à Toronto en 1986. Son premier roman Hubert, le restavèk, inspiré d’un reportage, explore l’exploitation et l’esclavagisme chez les jeunes en Haïti. Son plus récent livre, Le jour se lèvera, est quant à lui quelque peu autobiographique. À l’occasion d’un anniversaire de la tuerie de 1964 en Haïti, M. Osson se souvient qu’à 13 ans, il habitait dans la ville même de l’évènement.

Gabriel Osson a déjà participé à la tournée «Mordus des mots», qui amène des auteurs à la rencontre des élèves un peu partout en Ontario. «Dans les écoles, j’ai pu voir les élèves dans leur milieu et apprécier toutes les difficultés qu’ont les enseignants, dans les petites villes du Nord surtout, pour garder la francophonie vivante, et le courage dont ils font preuve.» Ce qui l’a le plus marqué, c’est l’embarras des élèves à accepter leur façon de parler. «Peut-être parce que trop souvent on leur dit qu’ils “parlent mal”.» Sur ce sujet, l’auteur s’exprime avec passion. «J’ai toujours détesté entendre parler d’insécurité linguistique. Il n’y a pas d’insécurité linguistique.» Selon lui, on doit refuser l’idée d’un français standard : «Il faut encourager ces jeunes à parler le français à leur façon.»

Rochelle Pomerance, responsable de cette rubrique


Image de la couverture du livre Le jour se lèvera

Le jour se lèvera

de Gabriel Osson

Fils de la petite bourgeoisie noire d’Haïti, Henri a le privilège de poursuivre ses études universitaires en Espagne. À Barcelone, Sophia, boursière d’origine chilienne, l’expose aux idées de Karl Marx, de Friedrich Engels et d’Ernesto Guevara. L’apprentissage révolutionnaire de l’étudiant se poursuit aux États-Unis, où Henri découvre le visage hideux de la ségrégation raciale. Il sympathise avec le mouvement pour les droits civiques conduit par Martin Luther King.

Mais Henri est Haïtien et non Américain. Dans son pays natal, la dictature de François Duvalier, alias Papa Doc, sème la pauvreté, la maladie et la mort. Solidaire de son peuple, Henri intègre le groupe révolutionnaire Jeune Haïti et met le cap vers la Grande-Anse avec ses compagnons de lutte. Réussiront-ils? Un des mérites de ce roman est d’offrir une lecture longitudinale des années 1960, de l’indépendance officielle des États africains à l’assassinat du président John Kennedy, en passant par la dictature du général Franco et la révolution cubaine. Les jeunes de 12e année en apprendront aussi davantage sur les caractéristiques du roman d’initiation en dressant le schéma narratif du récit, de même que sur les courants idéologiques et philosophiques de cette époque et leurs répercussions aujourd’hui. Ce roman est un bijou pour les cours de littérature, d’histoire, de philosophie et de psychologie.

Critique de Bertrand Ndeffo Ladjape Mba, EAO, enseignant de français de 11e et de 12e année au Collège français de Toronto, Conseil scolaire Viamonde.

Le jour se lèvera; Les Éditions David; Ottawa; 2020; ISBN 978-2-89597-724-7; 208 p.; 23,95 $; 613-695-3339; info@editionsdavid.com; editionsdavid.com


Image de la couverture du livre Mon chien banane

Mon chien banane

de Roxane Brouillard, illustrations de Giulia Sagramola

Un garçon promène son chien en laisse dans un parc. Il s’agit en fait d’une banane, et cela suscite bien des questions et des réactions chez les gens. Tous essaient de le convaincre qu’il a tort de penser que son animal de compagnie est un chien; certains lui font des observations logiques, d’autres lui lancent des méchancetés et se moquent de lui.

Le texte très épuré laisse toute la place aux illustrations qui remplissent les pages. Un humour absurde teinte le récit. Le vocabulaire des dialogues est simple. L’accumulation des personnages colorés et très expressifs permet une superbe progression qui culmine vers l’inattendu. Rires garantis.

La réaction des personnages qui se lit dans leur langage corporel fait appel au sens de l’observation chez les jeunes lecteurs (dès l’âge de 5 ans). À la fin, le revirement de situation suggère une relance du récit qui pourrait servir de base à une activité d’écriture en classe. C’est un bon ouvrage pour discuter des valeurs de la société (la politesse, le respect et l’impact que nos paroles ont sur les autres) ou des différentes perceptions que l’on peut avoir d’une même situation, ou encore pour demander aux élèves de fournir des réponses aux arguments présentés dans l’histoire. Les thèmes de l’imagination, de l’ouverture d’esprit et des normes sont abordés.

Critique de Marie-Christine Payette, EAO, enseignante contractuelle et traductrice-réviseure, La Tuque.

Mon chien banane; Les 400 coups; Montréal; 2020; ISBN 978-2-89540-726-3; 32 p.; 15,95 $; Dimedia; 514-336-3941; dimedia.com


Image de la couverture du livre C’est quoi apprendre?

C’est quoi apprendre?

de Philippe Meirieu, illustrations de Pascal Lemaître

Ce court livre permet une réflexion sur la pédagogie. Je vous écris cela au moment même où nous vivons une pandémie. Il semble que l’univers m’envoie ici une réflexion qui tombe à point : et s’il fallait revoir le modèle scolaire traditionnel? Comment pourra-t-on apprendre à l’ère des changements climatiques et des épidémies?

Dans ce livre, on propose à un collégien de s’entretenir avec un spécialiste des sciences de l’éducation afin de revoir la transmission des savoirs du système scolaire actuel. Notez que la perspective présentée est celle du système français qui repose encore beaucoup sur l’apprentissage «par cœur», tandis qu’en Ontario, nous nous soucions plutôt d’amener les élèves à devenir des penseurs critiques. Cela dit, certains éléments méritent la réflexion, comme le besoin de démystifier les métiers dits «manuels» et «intellectuels». Pourtant, «avec l’électronique et le numérique, tous les métiers nécessitent des compétences intellectuelles». De plus, l’auteur traite de trois valeurs universelles : la bienveillance, la solidarité et l’entraide en soulignant l’apport de l’entraide qui profite autant à celui qui fournit l’aide qu’à celui qui se fait aider.

«Et puis, dans la coopération, il y a un véritable apprentissage de la solidarité, de la responsabilité et de l’autorité : on ne peut réussir que solidaires (…).»

Critique de Mélany Bouchard, EAO, enseignante de français au collège catholique Mer bleue, Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, Ottawa.

C’est quoi apprendre?; Éditions de l’aube; La Tour-d’Aigues; 2019; ISBN 978-2-81593-435-0; 152 p.; 22,95 $; Dimedia; 514-336-3941; dimedia.com


Image de la couverture du livre Belles bestioles – Initiation à la musique classique

Belles bestioles – Initiation à la musique classique

d’Ana Gerhard, illustrations de Mauricio Gómez Morín

La Montagne secrète propose des albums musicaux de très grande qualité. Dans un ouvrage précédent, Ana Gerhard avait déjà sélectionné des extraits musicaux sur le thème des créatures fantastiques. Le parti pris est donc une initiation à la musique classique grâce à l’étude de divers thèmes, ici l’univers des bestioles! C’est un thème qui attire les plus jeunes et intéresse encore les plus grands. Dans cet album avant tout musical, l’auteure n’a pourtant pas négligé la mise en page, l’organisation du texte et les illustrations. Chaque extrait, ni trop court (on a le temps d’imaginer la bestiole et de repérer les différents instruments ou les voix) ni trop long (pour garder l’attention des jeunes), est accompagné d’un texte explicatif qui décrit chaque bestiole et présente l’œuvre. Les illustrations fantasmagoriques se marient à merveille avec la musique. Le guide d’écoute est un excellent support pour les enseignantes et enseignants qui ont peu de connaissances musicales. Il permet d’orienter l’écoute des élèves et de développer leur capacité d’analyse. Une courte biographie des compositeurs (dont une compositrice), un glossaire des termes musicaux et une chronologie visuelle des compositeurs et des périodes bouclent le tout. Excellent ouvrage pour quiconque veut développer l’oreille musicale des jeunes!

Critique de Nathalie Cazenave-dit-Berdot, EAO, enseignante, Académie Alexandre-Dumas, Conseil scolaire Viamonde, Scarborough.

Belles bestioles – Initiation à la musique classique; La Montagne secrète; Montréal; 2019; ISBN 978-2-92477-457-1; 72 p.; 22,95 $; Dimedia; 514-336-3941; dimedia.com


Image du film Une histoire de tortues

Une histoire de tortues

Film réalisé par Kathy Shultz

Pour nombre d’enseignants, l’ONF est gage de qualité et de savoir-faire, et ce film d’animation image par image de neuf minutes ne fait pas exception. C’est un petit bijou artistique empreint de poésie, qui allie simplicité et délicatesse. Il fait partie de la collection des minileçons, un concept qui intègre certains films de l’ONF dans une planification d’enseignement. Ici, il s’agit d’une minileçon de sciences offerte de la 3e à la 5e année pour étudier le cycle de vie de la tortue, tout en analysant l’impact de l’être humain sur l’environnement. Le film pourrait être montré à des élèves plus jeunes.

On propose des pistes de réflexion et des activités qui permettent aux élèves de construire leurs apprentissages en se questionnant. Mais il serait dommage de ne pas utiliser aussi ce court métrage en éducation artistique : comprendre la création d’un film d’animation image par image (en regardant A Sea Turtle Story – Behind the Scenes), créer un diorama avec, entre autres, du matériel recyclé.

Je vous encourage à naviguer sur le site de l’ONF et à vous abonner à leur programme CAMPUS si ce n’est déjà fait, car vous y découvrirez des ressources d’une grande valeur pédagogique et culturelle (le film : oct-oeeo.ca/ONFhistoiredetortues; le blogue : oct-oeeo.ca/ONFminileconhistoiredetortues.

Critique de Nathalie Cazenave-dit-Berdot, EAO, enseignante à l’Académie Alexandre-Dumas, Conseil scolaire Viamonde, Scarborough.

Une histoire de tortues; Office national du film du Canada; 2012; 9 min; sur le site CAMPUS de l’ONF et sur ONF.ca; 1-800-267-7710; info@onf.ca; onf.ca


Image de la couverture du livre Sauvage

Sauvage

de Jacques Pasquet

En plein centre-ville, un adolescent autochtone mendie et espère en vain recevoir un regard ou entendre un mot gentil. Il cherche un peu d’humanité dans cet environnement qu’il trouve froid, cruel et hostile. Son village, sa culture et son grand-père lui manquent énormément. Il se sent seul et perdu. Au fil des réflexions de cet adolescent, on revisite l’histoire de la colonisation du pays, découvrant par le fait même le passé de l’ado, ses peurs et sa vision de la société d’aujourd’hui.

Ce miniroman de la collection OSERLIRE propose une version originale et une version courte. Les préjugés, l’itinérance et la quête d’identité comptent parmi les thèmes abordés. Le contenu exige une certaine maturité de la part du lecteur (14 ans et plus).

C’est un ouvrage à portée sociologique qui peut servir d’amorce à une discussion en classe sur le mode de vie, les différences ethniques, les valeurs sociales et l’appartenance. Quelques précisions offrent un bon complément d’information et permettent de pousser encore plus loin la réflexion. Grâce à la narration à la première personne du singulier et aux adresses au lecteur, le dialogue se fait sur le ton de la confidence. La temporalité omniprésente, la structure du récit et l’écriture poétique et imagée rappellent le genre du journal intime.

Critique de Marie-Christine Payette, EAO, enseignante contractuelle et traductrice-réviseure, La Tuque.

Sauvage; Bayard Canada; Montréal; 2018; ISBN 978-2-89770-143-7; 72 p.; 8,95 $; 514-227-0061 ou 1-866-600-0061; bayardlivres.ca


Image de la couverture du livre Guide pour un enseignement durable au primaire

Guide pour un enseignement durable au primaire

de Shanna Schwartz, adapté par Yves Nadon

«Si on pouvait épingler toutes les notions enseignées sur le chandail de nos élèves» pour qu’elles restent collées à jamais, ce serait si simple! Malheureusement, l’apprentissage est un processus progressif, et l’auteure nous en fait état dans ce petit guide pratique d’une centaine de pages. Elle nous permet de ne pas baisser les bras lorsque vient le temps de présenter des concepts nouveaux à nos élèves en leur rappelant que l’image d’une échelle est plus percutante que l’image d’un sommet.

L’enseignante de carrière présente quatre principes d’adhérence efficaces : l’engagement des apprenants, l’apprentissage actif, le modelage avec des représentations concrètes et la répétition. Chacun des principes est repris explicitement dans un chapitre, enrichi d’anecdotes, d’exemples et de trucs. Parmi ces derniers, on fait référence à des principes connus, dont celui de Vygotsky portant sur la zone proximale de développement. Les tableaux d’encrage, les jeux de rôles, les mises en vedette des enfants, les aide-mémoires et l’étayage y trouvent aussi leur place. En somme, bien des variations et des subtilités liées à l’enseignement sont réunies ici dans un condensé fort utile pour le pédagogue qui, trop souvent, oublie comment capter l’intérêt des élèves afin de favoriser l’acquisition de connaissances nouvelles et durables.

Critique de Chantal Leclerc, EAO, directrice retraitée du CEPEO, Ottawa.

Guide pour un enseignement durable au primaire; Éditions d2eux; Montréal; 2016; ISBN 978-2-924645-04-8; 112 p.; 20,95 $; 450-461-2782 ou 1-855-861-2782; clientele@tc.tc; cheneliere.ca