Une distinction à faire Je ne suis pas daccord avec la définition dinconduite que donne le règlement de lOrdre sur la faute professionnelle, à savoir «avoir infligé à des élèves des mauvais traitements dordre physique, sexuel, verbal, psychologique ou affectif.» Je crois quil est injuste de regrouper tous ces mauvais traitements sous un même titre, car le public a tendance à présumer le pire. Lenseignant accusé davoir infligé des mauvais traitements dordre physique, sexuel, verbal, psychologique ou affectif à un élève nest pas nécessairement pédophile, mais cest la conclusion que tireront la plupart des gens. Même si les accusations devaient savérer non fondées, les doutes, eux, persisteront. Ce nest pas que je préconise le mauvais traitement des élèves, au contraire. Mais la personne qui frappe, humilie ou intimide un élève est très différente de celle qui lagresse sexuellement. Je crois que lOrdre devrait songer à séparer linconduite sexuelle des autres types de mauvais traitements afin de protéger la réputation d'enseignants accusés de fautes qui ne sont pas dordre sexuel. Brian McKenzie Nabaissez pas les normes Daprès les changements proposés pour les étudiants qui se spécialisent en études technologiques, «les personnes ayant une année dexpérience de travail en plus dun grade sont admissibles au programme détudes technologiques.» Le travail comprend également les stages en milieu de travail. Ces normes inférieures constituent une insulte pour les ouvriers qualifiés, techniciens et technologistes. Louvrier qualifié fait en moyenne 8 000 heures dapprentissage avant de devenir compagnon et encore plus par la suite pour devenir maître. Son apprentissage comprend à la fois lexpérience de travail et les études. Le technicien ou le technologiste fait deux ou trois années détudes collégiales axées sur la pratique. Il me semble évident quune personne qui peut donner des exemples pratiques à des jeunes de 16 ans un peu impatients retiendra bien plus leur attention que la personne qui remplit le tableau de chiffres. Les enseignants de technologie se font rares, certes, mais ces normes sont beaucoup trop basses. Autant inviter tous ceux qui nont pas réussi dans le domaine quils avaient choisi. Est-ce bien ce que nous voulons dans nos écoles? Judith Little Évaluer la pratique professionnelle Le feu Juge James McRuer, qui a présidé la Commission royale denquête de 1968 sur les droits civils, a énoncé la philosophie qui a orienté lautoréglementation dans cette province depuis les 30 dernières années. Il a écrit : «Le public doit avoir confiance dans le jugement de ceux qui décident des qualifications requises pour quune personne puisse exercer une profession ou occuper un poste dautogérance. Or, ce sont les membres responsables et expérimentés dune profession à qui le pouvoir dautogérance a été confié qui devraient être le mieux placés pour décider des normes et des qualifications de toute personne qui souhaite occuper le poste ou être admise dans la profession.» La ministre de lÉducation devrait se rappeler les recommandations du Juge McRuer et laisser lOrdre sacquitter de son mandat de façon responsable et professionnelle, sans interférence politique. Pour sa part, le personnel enseignant ne devrait pas permettre au gouvernement dévaluer sa profession sans laccord de lOrdre. Lenseignement, par sa nature, est compliqué, donc difficile à évaluer. Ce qui se rapproche le plus de lenseignement, cest lurgentologie. Les urgentologues ne savent jamais à quoi sattendre. Ils doivent faire appel à toutes leurs connaissances sur demande et les appliquer à une multitude de combinaisons. Ils doivent décider instantanément quoi faire, quoi éviter et quoi changer. Toutes ces qualités sont requises chez lenseignant, mais là sarrête la comparaison. Premièrement, bien que tous les êtres humains partagent une même structure anatomique, aucun enfant ne possède la même combinaison de qualités personnelles, intellectuelles, physiques et sociales. Et cette combinaison peut changer dramatiquement dune journée à lautre chez un même élève! Contrairement à lurgentologue, lenseignant travaille simultanément avec de nombreux élèves requérant un diagnostic et une ordonnance sur-le-champ. Enfin, lenseignant est seul en classe. Et ça, comment lévaluez-vous? Barrington A. Morrison |