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Une distinction à faire

Je ne suis pas d’accord avec la définition d’inconduite que donne le règlement de l’Ordre sur la faute professionnelle, à savoir «avoir infligé à des élèves des mauvais traitements d’ordre physique, sexuel, verbal, psychologique ou affectif.» Je crois qu’il est injuste de regrouper tous ces mauvais traitements sous un même titre, car le public a tendance à présumer le pire. L’enseignant accusé d’avoir infligé des mauvais traitements d’ordre physique, sexuel, verbal, psychologique ou affectif à un élève n’est pas nécessairement pédophile, mais c’est la conclusion que tireront la plupart des gens. Même si les accusations devaient s’avérer non fondées, les doutes, eux, persisteront.

Ce n’est pas que je préconise le mauvais traitement des élèves, au contraire. Mais la personne qui frappe, humilie ou intimide un élève est très différente de celle qui l’agresse sexuellement. Je crois que l’Ordre devrait songer à séparer l’inconduite sexuelle des autres types de mauvais traitements afin de protéger la réputation d'enseignants accusés de fautes qui ne sont pas d’ordre sexuel.

Brian McKenzie
Brian McKenzie enseigne à la Patrick Fogarty Secondary School à Orillia.

N’abaissez pas les normes

D’après les changements proposés pour les étudiants qui se spécialisent en études technologiques, «les personnes ayant une année d’expérience de travail en plus d’un grade sont admissibles au programme d’études technologiques.» Le travail comprend également les stages en milieu de travail. Ces normes inférieures constituent une insulte pour les ouvriers qualifiés, techniciens et technologistes. L’ouvrier qualifié fait en moyenne 8 000 heures d’apprentissage avant de devenir compagnon et encore plus par la suite pour devenir maître. Son apprentissage comprend à la fois l’expérience de travail et les études.

Le technicien ou le technologiste fait deux ou trois années d’études collégiales axées sur la pratique. Il me semble évident qu’une personne qui peut donner des exemples pratiques à des jeunes de 16 ans un peu impatients retiendra bien plus leur attention que la personne qui remplit le tableau de chiffres.

Les enseignants de technologie se font rares, certes, mais ces normes sont beaucoup trop basses. Autant inviter tous ceux qui n’ont pas réussi dans le domaine qu’ils avaient choisi. Est-ce bien ce que nous voulons dans nos écoles?

Judith Little
Judith Little enseigne le design technologique à la Preston High School à Chatham.

Évaluer la pratique professionnelle

Le feu Juge James McRuer, qui a présidé la Commission royale d’enquête de 1968 sur les droits civils, a énoncé la philosophie qui a orienté l’autoréglementation dans cette province depuis les 30 dernières années. Il a écrit : «Le public doit avoir confiance dans le jugement de ceux qui décident des qualifications requises pour qu’une personne puisse exercer une profession ou occuper un poste d’autogérance. Or, ce sont les membres responsables et expérimentés d’une profession à qui le pouvoir d’autogérance a été confié qui devraient être le mieux placés pour décider des normes et des qualifications de toute personne qui souhaite occuper le poste ou être admise dans la profession.»

La ministre de l’Éducation devrait se rappeler les recommandations du Juge McRuer et laisser l’Ordre s’acquitter de son mandat de façon responsable et professionnelle, sans interférence politique. Pour sa part, le personnel enseignant ne devrait pas permettre au gouvernement d’évaluer sa profession sans l’accord de l’Ordre. L’enseignement, par sa nature, est compliqué, donc difficile à évaluer.

Ce qui se rapproche le plus de l’enseignement, c’est l’urgentologie. Les urgentologues ne savent jamais à quoi s’attendre. Ils doivent faire appel à toutes leurs connaissances sur demande et les appliquer à une multitude de combinaisons. Ils doivent décider instantanément quoi faire, quoi éviter et quoi changer.

Toutes ces qualités sont requises chez l’enseignant, mais là s’arrête la comparaison. Premièrement, bien que tous les êtres humains partagent une même structure anatomique, aucun enfant ne possède la même combinaison de qualités personnelles, intellectuelles, physiques et sociales. Et cette combinaison peut changer dramatiquement d’une journée à l’autre – chez un même élève! Contrairement à l’urgentologue, l’enseignant travaille simultanément avec de nombreux élèves requérant un diagnostic et une ordonnance sur-le-champ. Enfin, l’enseignant est seul en classe.

Et ça, comment l’évaluez-vous?

Barrington A. Morrison
Barrinton A. Morrison travaille à l’Elia Middle School à North York.