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D'aide-enseignant à enseignant de l'enfance en difficulté Pour Patrick Deschatelets et Manon Fecteau, travailler comme aide-enseignant représente une étape sur la voie de l'enseignement à l'enfance en difficulté. |
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Dans deux ans, son diplôme obtenu, Patrick Deschatelets sera l'un des premiers francophones sourds à enseigner aux sourds en Ontario. Pour l'instant, il est aide-enseignant au Centre Jules-Léger d'Ottawa, l'école où il a été diplômé. Il aide les enseignants à préparer le matériel destiné aux élèves de l'élémentaire et prête main forte aux enseignants d'un élève sourd de huit ans et d'un autre sourd et aveugle de 13 ans. «Ce dernier ne pouvant pas communiquer, nous avons recours au langage des signes québécois (LSQ), dit-il. Partiellement paralysé, le premier a besoin de s'exprimer davantage. Je m'adresse donc à lui par gestes et en langage des signes qu'il peut mimer. Comme il est impossible de leur enseigner les matières de base, on insiste sur l'autonomie fonctionnelle, comme l'apprentissage du braille et du langage des signes.» «Cette tâche n'a rien de frustrant, poursuit Patrick, parce qu'à mes yeux, ces enfants se développent progressivement. Je suis très patient et déterminé à les voir communiquer avec le monde.» Un soir par semaine, il enseigne le LSQ aux parents. «C'est un langage riche et intéressant. Les parents sont surpris de l'étendue de leur participation.» De jeunes enseignants Il a appris énormément de ses jeunes. «Il m'arrive souvent d'expliquer quelque chose pour me rendre compte qu'ils ne comprennent pas. J'essaie alors d'aborder le sujet différemment. C'est le principe de l'échange. Pour réussir, je dois m'adapter à leur mode de communication.» L'un des principaux défis que doivent relever Deschatelets et le personnel du Centre est celui de garder les élèves sourds en résidence, loin de leur famille, toute la semaine. «C'est une décision que nous ne prenons nullement à la légère. La communauté des sourds est très forte et possède ses propres valeurs culturelles, confie-t-il. Les enfants sourds vivant à la maison peuvent souvent être plus isolés et communiquer moins. Selon nous, il n'y a donc rien de mieux, pour la plupart d'entre eux, que la résidence.» Né à Gatineau, de l'autre côté de la rivière des Outaouais, Deschatelets n'est diagnostiqué sourd qu'à 19 mois. Un spécialiste suggère alors l'apprentissage de l'oralisme, qui consiste à lui faire pratiquer un mot à haute voix chaque semaine. Un jour, à une messe interprétée en langage des signes, sa mère découvre la communauté des sourds. «En sortant de l'église, sa décision était prise», dit Patrick. Au secondaire, l'adolescent fait le va-et-vient entre Montréal et Gatineau, joue au hockey, se passionne pour le ski alpin. À 17 ans, une crise aiguë d'asthme le cloue au lit. Il regagne le bercail. C'est alors que sa famille découvre le Centre Jules-Léger, à 30 minutes de sa résidence. Voilà un choix qu'il n'a jamais regretté. Pour devenir aide-enseignant, il suit certains cours donnant droit à des crédits universitaires, s'inscrit à une large gamme de cours, fait des stages et termine un programme pour les sourds à l'Université d'Ottawa. «Enseigner est pour moi la meilleure manière de mettre en valeur mes compétences en communication et d'atteindre mon objectif : utiliser efficacement le langage», déclare-t-il. L'appel du bénévolat
Quand son enfant hyperactif de cinq ans lui annonce qu'il est l'élève modèle de sa classe, Manon Fecteau conclut que cette classe doit être exceptionnellement vivante. «J'éprouvais un énorme besoin d'aider», confie cette mère de trois enfants, dont l'expérience était un véritable atout dans une classe débordant d'élèves plus qu'énergiques. Plus tard, elle offre ses services dans d'autres classes de l'Académie de la Moraine, à Richmond Hill, qui accueille des élèves francophones du Grand Toronto. Après quatre ans de bénévolat intensif à l'école, on affiche un emploi d'aide-enseignant pour sa classe d'attache. Francophone unilingue, originaire de Montréal, ayant travaillé dans la coiffure, elle ne postule pas, car elle ne peut fournir «les documents voulus». L'enseignante avec laquelle elle collabore suggère alors que son expérience la rend plus que qualifiée pour le poste. Aujourd'hui, à sa deuxième année en poste, elle travaille dans des classes doubles de 1re et 2e année et de 3e et 4e année. Chaque classe compte quatre ou cinq élèves souffrant de troubles de comportement. Lorsque l'enseignante titulaire travaille avec la 1re année, elle peut faire la lecture avec la 2e, tout en ne perdant pas de vue les élèves incapables de se concentrer. La classe de 3e et 4e année ne compte que huit élèves. Les quatre élèves à problèmes peuvent donc travailler en équipe. Son rôle est d'aider l'enseignante, d'organiser les excursions et le matériel, et d'offrir une aide particulière à certains élèves. Prendre le temps
d'écouter Son meilleur conseil est le suivant : «Tendre l'oreille autant que possible, même quand on a très peu de temps. Et prendre encore du temps pour écouter les enfants souffrant d'hyperactivité ou d'un trouble de l'attention.» Elle se souvient d'un élève qui ne s'intéressait ni aux vacances, ni aux fins de semaine. «Nous avons fini par nous rendre compte qu'il adorait l'école, parce que nous l'écoutions.» Cette mère avoue apprendre quelque chose chaque jour avec les enfants. «Après un congé, vous pouvez imaginer la surexcitation et l'agitation qui règnent chez les enfants. Il faut être davantage à leur écoute et les calmer.» Prendre quelques minutes pour respirer est une bonne technique. On prend l'enfant de côté et le fait respirer profondément trois fois de suite. «Ainsi, nous nous calmons tous les deux et ils le savent.» L'aide-enseignante attribue son succès à son «excellente formation». «Les enseignants avec qui j'ai travaillé étaient des instructeurs formidables.» Maintenant, elle suit des cours par correspondance au Collège Boréal de Toronto, et espère avoir les compétences voulues pour enseigner aux enfants en difficulté d'ici deux ans. Trois ans après, elle devrait être enseignante. |
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