Enquête collaborative pour l’apprentissage des matières

Apprendre, collaborer et se perfectionner

de Leanne Miller, EAO

L’enquête collaborative est l’une des méthodes utilisées actuellement qui combinent le perfectionnement professionnel à l’activité professionnelle afin d’améliorer l’apprentissage des matières.

(De gauche à droite) Dinah Charland, EAO, Kara Lefebvre, EAO, et Jennifer Duchesne, EAO, explorent par l’enquête collaborative la façon dont elles enseignent les mathématiques.


L’enquête collaborative permet aux enseignantes et enseignants de valider leur pratique. Ils y trouvent une formidable occasion de collaborer de multiples façons : dialogue, résolution de problèmes, stratégies et façons d’aider tous les types d’apprenants, des élèves en difficulté à ceux qui s’ennuient. Les participants ont l’occasion de parler de leurs expériences et d’obtenir de leurs collègues une rétroaction ciblée, sans que ce soit personnel.

Cette méthode est tout particulièrement prisée des enseignantes de l’école catholique Sainte-Croix du Conseil scolaire catholique de district des Grandes-Rivières, à Haileybury, située à deux heures de North Bay. Kara Lefebvre, EAO, enseignante de 1re année, y travaille avec ses collègues Jennifer Duchesne, EAO, enseignante de 3e année, et Dinah Charland, EAO, enseignante de 2e année, afin d’explorer par l’enquête collaborative la façon dont elles enseignent les mathématiques.

«Dans une petite école où personne d’autre n’enseigne la même année que vous, ce genre de collaboration est particulièrement utile, car elle aide à remédier à l’isolement professionnel», dit Mme Lefebvre.

L’année scolaire dernière, le programme intensif s’est déroulé deux jours par mois pendant quatre mois, et les changements se sont vite fait ressentir : «Avant, explique Mme Duchesne, je présentais un problème mathématique aux élèves et nous trouvions une réponse ensemble. Mais je me suis aperçue qu’ainsi, j’aidais trop certains élèves qui avaient plus de difficultés. Par exemple, je posais souvent des questions fermées qui aboutissaient à un simple ‘oui’ ou ‘non’. Maintenant, je les laisse explorer eux-mêmes les solutions possibles.»

D’autres activités de perfectionnement professionnel sont importantes, mais cette technique a l’avantage qu’on peut l’appliquer immédiatement. «Nous savons que la méthode ‘action, réflexion, répétition’ fonctionne avec nos élèves; pourquoi pas avec les enseignants?» dit-elle.

L’année dernière, les ateliers d’enquête collaborative pour l’apprentissage du curriculum en numératie ont aidé ces trois enseignantes à élaborer des leçons ciblées et à acquérir des outils particuliers. Elles ont eu l’occasion d’explorer l’enseignement en équipe et d’appliquer les avantages de leur propre apprentissage collaboratif à la façon dont les élèves travaillent.

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Les enseignants de physique Milica Rakic, EAO et Joe Benforte, EAO, comparent leurs notes après un cours d’optique de 10e année au Walkerville Collegiate Institute de Windsor.

Maintenant, tous les vendredis, elles consacrent du temps à la résolution de problèmes par la collaboration. Les élèves travaillent en groupes de deux de même niveau afin d’explorer des problèmes. Puisque les deux élèves sont au même niveau, l’un ne résout pas le problème pour l’autre sans passer par l’exploration. Les enseignantes vont de groupe en groupe pour demander aux élèves, par exemple, quels outils ils pourraient utiliser afin de parvenir à la solution.

Depuis novembre dernier, elles jumellent leurs classes de 1re, 2e et 3e année pour planifier et mettre en œuvre des leçons par l’enquête collaborative pour l’apprentissage de la communication orale.

Cette année, leur conseil scolaire prévoit organiser une autre activité de formation par l’enquête collaborative pour l’apprentissage des mathématiques. L’école sera jumelée à une autre pour explorer une leçon de mathématiques par semaine par le biais de cette méthode.

Mmes Lefebvre, Duchesne et Charland ont remarqué que leur formation leur a fourni de nombreux outils qui continuent de les aider à perfectionner leur enseignement. Elles font beaucoup appel à l’enseignement d’équipe, au profit des élèves.

«Avant, les élèves avaient peur de faire des erreurs, c’était le syndrome de la page blanche. Grâce à l’exploration en collaboration, cela a changé. Ils n’ont plus peur de laisser des traces de leur exploration sur la feuille. Ils sont même fiers de présenter à la classe comment ils sont arrivés à la solution», dit Mme Charland.

C’est une façon d’améliorer sa pratique et de s’assurer que tous les élèves, quel que soit leur style d’apprentissage, ­comprennent à tout coup.

C’est ainsi que les huit membres de l’équipe qui ont participé à une enquête collaborative pour l’apprentissage des sciences à l’école Walkerville Collegiate Institute du Greater Essex District School Board résument leur expérience.

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À l’école catholique élémentaire St. Josephine Bakhita de Brampton, l’enseignante Natasha Moore, EAO (debout au centre) et (à gauche) Nina Bekanovic, EAO et Athena Prosdocimo, EAO, toutes deux stagiaires à l’époque, font une enquête collaborative sur la capacité.

Barbara Mitchell, EAO, qui enseigne en 1re année à l’école Roxborough Park Elementary dans le Hamilton-Wentworth District School Board, se souvient de cours de perfectionnement professionnel où il fallait «s’asseoir et écouter», et où l’on était bombardé d’informations qu’il fallait appliquer dès le lendemain. «Le soutien et les discussions collégiales entre les membres de l’équipe d’une enquête collaborative, et en particulier le soutien de l’accompagnateur, nous permettent de réfléchir à notre pratique, puis de la modifier, tout en apprenant des autres membres de l’équipe», dit-elle.

Les enseignants peuvent discuter de leur pratique, l’observer, y réfléchir et l’améliorer graduellement. On encourage les participants à réfléchir sur la façon d’enseigner, et non pas seulement sur ce qui est enseigné. Un groupe de pédagogues peut passer toute une année scolaire et plusieurs journées de congé à travailler sur une seule leçon. Le groupe se fixe des objectifs, fait des recherches, élabore un plan de leçon et donne ou observe la leçon. Par la suite, les membres du groupe participent à une réunion sur la leçon donnée et observée afin d’analyser l’apprentissage des élèves et des enseignants.

Le Greater Essex District School Board et le Hamilton-Wentworth District School Board sont deux des conseils scolaires ontariens utilisant cette méthode comme moyen de perfectionnement incorporé aux activités profession­nelles. L’initiative est couronnée de succès.

Récemment, Jenni Donohoo, EAO, a entendu Thomas Guskey, enseignant à l’Université du Kentucky et expert en recherche et en évaluation, dire : «Il faut moins ­mettre l’accent sur ce qui est nouveau et davantage sur ce qui fonctionne.»

Pour Mme Donohoo, une consultante en recherche et en évaluation au Greater Essex District School Board, cela résume l’essentiel. «C’est vraiment ce que je pense des initiatives de perfectionnement professionnel efficaces comme l’enquête collaborative, et c’est pourquoi nous continuons de la promouvoir et de l’appuyer», explique-t-elle.

Elle ajoute qu’ils ont tenu compte des travaux des chercheurs américains Bruce Joyce et Beverly Showers, qui montrent que, sans suivi, seulement cinq pour cent des enseignants utilisent en classe ce qu’ils ont appris au cours des ateliers de perfectionnement professionnel. Si l’on ajoute la possibilité de s’exercer, d’obtenir une rétroaction et de bénéficier d’un accompagnement, la proportion augmente à 75 et même à 90 pour cent. L’expérience de Mme Mitchell le confirme.

Dans le cadre de l’enquête collaborative, un groupe de professionnels ayant des objectifs communs et éprouvant une grande confiance et un profond respect mutuels collaborent pour perfectionner leurs compétences de façon à améliorer la façon dont ils enseignent.

James Stigler et James Hiebert, qui ont introduit la méthode en Amérique du Nord après avoir étudié le système d’enseignement japonais et la méthode japonaise de perfectionnement professionnel incorporé aux activités professionnelles, décrivent la méthode comme étant une façon pour les pédagogues de poser un «regard nouveau» sur leur propre pratique.

Enseignement de l’optique au Walkerville Collegiate Institute de Windsor

On a récemment ajouté l’optique au programme de sciences de 10e année au Walkerville Collegiate Institute. Les enseignants de sciences veulent s’assurer que les enseignants qui ne connaissent pas la physique peuvent l’enseigner convenablement, en intégrant davantage à leur pratique la pédagogie différenciée, les stratégies en faveur de la littératie et les aptitudes pour la pensée critique.

À titre d’accompagnatrice et d’enseignante de l’équipe pour la littératie au Greater Essex District School Board, Elizabeth Hanes, EAO, affirme : «L’enquête collaborative permet de se responsabiliser, de déterminer sur quels aspects centrer son perfectionnement professionnel et d’expérimenter pour adapter sa pratique afin de mieux favoriser la réussite des élèves. C’est une question de pédagogie. L’accent est mis sur la façon dont on enseigne, peu importe la personne qui enseigne.» Tous les membres du groupe travaillent à la préparation de la leçon, mais seulement une personne l’enseigne. Celle-ci est filmée, puis le groupe visionne la vidéo pour la commenter.

Le Greater Essex District School Board croit tellement aux vertus du perfectionnement professionnel en milieu de travail que, depuis trois ans, il alloue des fonds pour que chaque école secondaire puisse profiter d’un accompagnateur comme Mme Hanes.

Clare Howitt, EAO, surintendante du curriculum et du perfectionnement professionnel au Greater Essex District School Board, affirme : «En ces temps difficiles sur le plan économique, nous devons trouver comment et où allouer les fonds pour améliorer le succès des élèves en créant des occasions de perfectionnement professionnel qui aident à renforcer la pratique pédagogique.»

Mme Hanes, accompagnatrice à temps plein au Walkerville Collegiate Institute, a dirigé une enquête collaborative l’an dernier et, cette année, elle est membre de l’équipe dirigée par la chef du département de sciences, Annette Nelson-Szpak, EAO.

Mmes Hanes et Nelson-Szpak s’entendent pour dire que, pour créer un environnement favorable au déroulement du programme, il est primordial d’établir une culture de confiance au sein du groupe de pédagogues.

C’est la première fois que l’enseignant de chimie Greg Driedger, EAO, participe à une enquête collaborative. «De nombreux enseignants, moi y compris, craignent que l’on entre dans leur classe pour les juger, explique-t-il. Avec cette méthode, on se concentre sur la pédagogie et non sur ce que nous faisons personnellement. On se concentre sur l’amélioration de notre pratique. Je trouve profitable que des collègues observent ce qui se passe pendant que j’en­seigne. On ne peut pas tout voir; nous avons besoin les uns des autres pour cela.

«Nous sommes des scientifiques, poursuit-il. Nous ne devons pas avoir peur d’expérimenter. Dans une enquête collaborative, on est entouré d’un groupe fantastique de professionnels, et on peut courir des risques tout en étant soutenu.»

Anna LaPorte, EAO, enseignante de chimie et enseignante pour la réussite des élèves, a aussi participé à cette initiative l’an dernier et a trouvé son expérience profitable. «Nous maîtrisons déjà la matière. C’est pour les stratégies d’enseignement et la prestation des leçons que nous avons besoin d’aide.»

L’enseignante de physique Milica Rakic, EAO, ajoute : «C’est bon de voir comment les autres pensent et de connaître leur point de vue sur leur enseignement. Pour moi, c’est la meilleure façon d’apprendre. Par exemple, je sais que j’ai besoin d’intégrer des stratégies en faveur de la littératie et d’utiliser des organisateurs graphiques. L’enquête collaborative me fournit des stratégies éprouvées pour le faire efficacement. Ma pratique s’en trouve renforcée et mes élèves en profitent.»

Ils n’ont plus peur de laisser des traces de leur exploration sur la feuille. Ils sont même fiers de présenter à la classe comment ils sont arrivés à la solution.

Marianne Brown, EAO, est une autre membre de l’équipe. Elle enseigne en 8e année à l’école publique General Brock et a de l’expérience en pédagogie différenciée. Mme Nelson-Szpak explique : «Nous nous sommes rapidement rendu compte que, dans notre groupe d’enseignants du secondaire, personne n’avait une expérience notable en pédagogie différenciée et que nous avions vraiment besoin d’une personne qui s’y connaisse dans ce domaine. Nous avons donc invité Marianne à se joindre à nous.»

«Notre objectif commun est d’assurer le succès de chaque enfant, dit Mme Brown. La pédagogie différenciée facilite la prestation de tout le programme d’études et favorise la participation de tous les apprenants.»

Mme Nelson-Szpak compare la leçon améliorée à d’autres qu’elle a données : «Nous avons travaillé sur la façon dont nous donnions des instructions aux élèves. Grâce à des directives plus claires, ils ont mieux compris ce que l’on attendait d’eux dans le cadre de l’activité et après l’activité. La leçon s’est mieux déroulée parce que je n’avais qu’un travail à accomplir : organiser l’activité et en assurer le bon déroulement. Le tableau interactif Smart Board a aidé les élèves à participer davantage, ce qui leur a permis de mieux comprendre.»

Mathématiques au palier élémentaire au Hamilton-Wentworth District School Board

Il y a quatre ans, 40 enseignants et 6 animateurs de ­l’Hamilton-Wentworth District School Board ont participé à une enquête collaborative pour l’apprentissage des mathématiques. Cette année, plus de 400 enseignants et 22 animateurs y participent.

La consultante en efficacité des programmes de mathématiques à l’élémentaire de ce conseil scolaire, Sandie Rowell, EAO, a reçu plus de demandes de participation que ne lui permettait son budget.

Mme Rowell et son équipe d’animateurs utilisent l’enquête collaborative de façon structurée et cohérente. Plus de 70 enseignantes et enseignants en 1re année ont participé à la première des quatre journées de formation.

Le premier jour, les 70 enseignants se sont présentés et ont appris à connaître les six autres membres de leur groupe. Les groupes ont été formés en tenant compte des similarités entre les personnes. Par exemple, les enseignants d’une même école ont été regroupés, tout comme ceux en immersion française. Les participants ont travaillé en groupe et avec leur animateur de décembre à la mi-février.

Les enseignants ont passé le reste de la première journée à apprendre la théorie derrière la méthode, à s’exercer à appliquer certaines stratégies pour l’enseignement des mathématiques et à examiner le curriculum. Typiquement, avant la seconde journée, l’animateur du groupe utilise la modélisation ou collabore à l’enseignement d’une leçon en trois parties dans la classe de chaque membre.

Au cours de la deuxième journée, le groupe de 400 enseignants se penche sur l’apprentissage des élèves, cerne un élément sur lequel chaque groupe se concentrera et planifie une leçon.

Le troisième jour, un membre de chaque équipe enseigne tandis que les autres l’aident ou observent les élèves. Ensuite, le groupe se réunit pour parler des expériences vécues. Les enseignants utiliseront la leçon dans leur classe avant la quatrième journée du programme.

Le quatrième jour, tous les participants parlent de leur expérience et améliorent leurs plans de leçon, lesquels seront ensuite affichés dans le site web du conseil scolaire.

Importantes retombées

Mme Rowell explique que de nombreux enseignants du palier élémentaire ne se sentent pas à l’aise avec la façon dont le Ministère exige que les mathématiques soient enseignées. «Le Ministère exige que l’on ait recours à des stratégies d’enseignement efficaces, comme l’enseignement à l’aide de la résolution de problèmes, et que l’on utilise le manuel uniquement comme ressource et non comme principal outil d’enseignement. On nous demande d’enseigner d’une façon dont on n’a peut-être jamais été témoins dans une salle de classe.

«Aujourd’hui, dit-elle, nos capacités sont bien plus ­grandes et il y a plus de connaissances et de compétences dans notre conseil scolaire, en grande partie grâce à l’enquête collaborative. De plus, on observe un enthousiasme certain envers l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques.»

Les résultats au test de numératie de l’OQRE des élèves de 3e année de l’Hamilton-Wentworth DSB ont augmenté de deux à cinq pour cent au cours des quatre dernières années. Dans les dix écoles où des enseignants ont participé à une enquête collaborative pendant au moins deux ans, les résultats des élèves ont augmenté de cinq à trente pour cent.

Les enseignants apprécient l’occasion qu’ils ont de collaborer avec d’autres pédagogues qui enseignent la même année. Ils signalent qu’ils comprennent mieux les attentes du curriculum ainsi que les théories et décisions qui l’étayent. Ils aiment voir des preuves de l’apprentissage des élèves et apprécient les avantages de la pédagogie différenciée pour soutenir tous les élèves, à la fois ceux qui sont en difficulté et ceux qui progressent bien.

Jean Barber, EAO, enseigne à l’école Janet Lee. Elle a joint le premier groupe de participants à une enquête collaborative pour l’apprentissage des mathématiques il y a quatre ans parce qu’elle ne connaissait «aucune solution de rechange au manuel». Ce n’est plus le cas. Elle utilise la résolution de problèmes, les exemples tirés de la vie quotidienne, «des tonnes de matériel de manipulation» et elle et ses élèves s’amusent pendant les leçons. Les parents lui ont dit que leurs enfants adoraient les mathématiques.

Donna Boudreau, EAO, enseigne en 1re année en immersion française à l’école publique Dundana. L’an dernier, elle a enseigné en 3e année et participé à une enquête collaborative. «Cela m’a aidée à utiliser la pédagogie différenciée pour les divers types d’apprenants dans ma classe et d’adapter mon enseignement aux niveaux des élèves. Les enfants abordent les problèmes sous différents angles. C’est vraiment une autre approche que de me reposer uniquement sur le manuel pour enseigner, comme je le faisais auparavant. Cette méthode de résolution de problèmes dans la leçon en trois parties m’a permis d’apprendre qu’il n’y a pas qu’une seule bonne réponse.»

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Dans sa classe d’immersion française, Donna Boudreau, EAO, de l’école publique Dundana de Dundas, enseigne les formes géométriques par l’exercice physique.

Mme Boudreau se souvient qu’elle a appris à introduire des concepts différemment grâce à l’enquête collaborative, ajoutant qu’elle utilisera toujours cette méthode dorénavant.

«Auparavant, je commençais toujours en disant : “Aujourd’hui, je vais vous parler des quadrilatères”. Puis, j’énumérais leurs caractéristiques et j’en dessinais un au tableau.

«Maintenant, je fournis aux élèves, qui travaillent en groupes formés de façon aléatoire, des dessins de quadrilatères et leur demande de discuter de ce qu’ils remarquent. Je les laisse explorer de façon autonome. Ils trouvent tous les mêmes réponses : quatre côtés, quatre angles et deux paires de côtés parallèles. Ils utilisent leurs propres mots. Ils ne connaissent pas le mot parallèle, mais ils montrent ce que c’est à l’aide de leurs bras. Fait intéressant, ils se souviennent davantage des caractéristiques parce qu’ils les ont trouvées eux-mêmes. Ils sont enthousiastes parce qu’ils découvrent tout en apprenant.»

Après chaque activité d’exploration, Mme Boudreau organise une séance de mise en commun des observations. Les élèves constatent ainsi que les autres groupes ont trouvé les mêmes réponses. Leur apprentissage est donc renforcé et leurs résultats sont validés par leurs pairs, et non par l’enseignante, ce qui favorise la responsabilisation et renforce l’apprentissage. Mme Boudreau explique ce que signifie le mot parallèle et les enfants apprennent rapidement à l’utiliser.

«J’ai déjà donné des leçons sur les quadrilatères et je sais que mes élèves ont mieux appris quand ils ont fait leur propre exploration. Le jour suivant, ils se souvenaient davantage de la leçon; tous les élèves s’en souvenaient, pas seulement les élèves qui ont de meilleurs résultats aux évaluations. Selon moi, la leçon en trois étapes, qui se concentre sur la résolution de problèmes et la consolidation de l’apprentissage, est la meilleure façon d’enseigner tous les concepts mathématiques, pas seulement les quadrilatères.»

C’est vraiment une autre approche que de me reposer uniquement sur le manuel pour enseigner, comme je le faisais auparavant.

Pour de nombreux enseignants, il est difficile de laisser les élèves se démener, explique Victoria Resovac, EAO, mais c’est pourtant ce qu’elle préconise. Cette animatrice en mathématiques pour les écoles élémentaires du Hamilton-Wentworth District School Board a dirigé des groupes d’étude collaborative pour l’apprentissage en 2e année, l’an dernier. Elle explique : «C’est également difficile d’enseigner différemment que par le passé. La majorité d’entre nous avons appris en mémorisant et en nous exerçant, et non en résolvant des problèmes.

«On a vu les enseignants utiliser la leçon en trois parties et passer de l’enseignement magistral à l’enseignement accompagné au fur et à mesure qu’ils ont substitué des activités mathématiques moins complexes, comme s’exercer à utiliser une procédure et des stratégies plus efficaces, comme la résolution de problèmes.

«Grâce à l’enquête collaborative, les pédagogues peuvent être initiés à des pratiques pédagogiques exemplaires basées sur la recherche. De nombreux pédagogues sont insatisfaits de l’approche normative que l’on utilisait pour l’enseignement des mathématiques depuis les ­dernières années. Ils cherchent des moyens d’aider leurs élèves à mieux comprendre et apprécier les mathématiques. L’enquête collaborative pour l’apprentissage des matières leur fournit des occasions de vraiment réfléchir et de trouver des solutions sur la façon d’élaborer des programmes satisfaisants pour les enseignants et profitables aux élèves.»

Peu importe la matière, peu importe l’année, les leçons apprises par l’enquête collaborative dépassent largement le sujet de la leçon.

Dufferin-Peel Catholic District School Board

Natasha Moore, EAO, enseignante de 4e-5e année à l’école élémentaire catholique St. Josephine Bakhita du Dufferin-Peel Catholic District School Board, a collaboré avec des stagiaires afin de mener une étude de leçon en mathématiques à l’élémentaire dans sa classe.

«Je suis plus consciente de ma ­pratique maintenant, déclare-t-elle. Chaque fois que j’enseigne les fractions, j’utilise des modèles et du soutien visuel pour répondre aux besoins des divers types d’apprenants dans ma classe. Maintenant, je réfléchis constamment à ma pratique. Je prévois les questions et les réponses des enfants. Je pense à la façon dont je donne des instructions et dont je parle, à l’endroit où je me trouve dans la salle de classe et aux gestes que je fais.»

Consultez notre site web pour en savoir plus sur l’enquête collaborative au sein de ce conseil et pour voir un exemple de leçon en mathématiques à l’élémentaire menée par Natasha Moore et des stagiaires :

Hamilton-Wentworth District School Board

Voyez des études de leçons en mathématiques à l’élémentaire menées par des enseignantes et enseignants de 3e année de l’Hamilton-Wentworth District

School Board :

Voir aussi :


Les quatre étapes de l’enquête collaborative

Ces étapes ont habituellement lieu le même jour.(Illustration)

Étapes de l’enquête collaborative

1 Fixer des objectifs

Relever les besoins particuliers des élèves et formuler les objectifs pédagogiques.

Entre les étapes 1 et 2

Effectuer des recherches et des séances de remue-méninges, faire des digressions qui enrichissent le sujet, explorer des concepts mathématiques, à titre d’enseignants.

2 Planifier

  • Élaborer des plans de leçon
  • Élaborer des stratégies pour recueillir des données
  • Rationaliser l’approche
  • Prévoir les réponses des élèves

Entre les étapes 2 et 3

Planifier les activités avant et après les leçons, en tenant compte des regroupements d’élèves et en donnant des leçons préparatoires pour habituer les élèves à la présence d’une caméra.

3 Mettre en œuvre

Un ou deux membres de l’équipe enseignent ou aident à enseigner la leçon «publique»; les autres membres observent et recueillent les données, par exemple en filmant et en rassem­blant des exemples de travaux d’élèves.

Entre les étapes 3 et 4

Réfléchir aux actions, modifier la leçon au besoin, faire des commentaires en tenant compte des notes consignées, profiter d’un sentiment de réussite.

4 Parler de son expérience

  • Analyser les données recueillies
  • Discuter de l’apprentissage des élèves, des enseignants, du contenu pédagogique.

Entre les étapes 4 et 1

Donner d’autres leçons après avoir révisé la leçon, visionné la vidéo et réfléchi au processus, une fois que l’enthousiasme suscité par les activités entourant la leçon observée par le groupe sera quelque peu retombé.

Source de l’illustration : «What’s going on backstage? Revealing the work of lesson study» (2009), de Catherine Bruce et Mary Ladky.