Courrier des lecteurs

Pour parler profession vous invite à écrire des lettres et des articles sur des domaines d’intérêt pour la profession. Nous nous réservons le droit d’abréger vos textes. Pour être publiée, une lettre doit comporter le numéro de téléphone de jour de son auteur. Envoyez votre texte à revue@oeeo.ca ou à Rédaction, Pour parler profession, 121, rue Bloor Est, Toronto (Ontario) M4W 3M5.

Inclusion, vision mondiale, carrières

Favoriser l’inclusion

L’article «Favoriser l’inclusion à l’école» (juin 2010) le dit : on n’en fait jamais assez pour s’assurer que les élèves, les minorités ethniques, les immigrants et les pauvres, entre autres, se sentent en sécurité et bien accueillis à l’école. Ayant enseigné dans des écoles de quartiers défavorisés du centre-ville de Toronto, je comprends le besoin de favoriser l’inclusion de tous les élèves. Cela m’inquiète que cet article ne mette l’accent que sur la communauté GLBTQ et qu’il ne mentionne pas d’autres segments de la population qui auraient besoin d’un soutien semblable. Veuillez utiliser le terme «inclusion» à bon escient pour qu’il ne devienne pas exclusif.

Shawn Goldman, EAO, enseigne au jardin d’enfants à l’Oriole Park Public School du Toronto District School Board.


Combiner des carrières

J’ai lu votre article «Des carrières hors classe» (septembre 2010) avec grand intérêt. Je travaille à temps partiel comme enseignante et journaliste depuis six ans. J’ai l’intention de pratiquer les deux professions jusqu’à ma retraite. J’encourage mes collègues à explorer leurs talents dans d’autres domaines tout en enseignant au lieu d’attendre la retraite, alors qu’il risque d’être trop tard.

Stephanie Dancey, EAO, enseigne un cours de base en français aux cycles moyen et intermédiaire, et la littératie intégrée au cycle primaire pour le Peterborough Victoria Northumberland and Clarington Catholic District School Board.


L’éducation dans les pays en développement

J’ai été ravie de lire votre article sur les écoles en Haïti (septembre 2010). Il est important que les pédagogues de l’Ontario se penchent non seulement sur les problèmes touchant notre système, mais aussi sur les problèmes ayant trait à l’éducation dans les pays en voie de développement. Nous sommes privilégiés en Ontario et avons tant à offrir!

Le printemps dernier, j’ai participé à une collecte de fonds pour un groupe d’enseignants qui voulaient aller au Kenya durant l’été afin d’établir une relation de mentorat réciproque avec les enseignants de ce pays. Le groupe, Teachers Helping Teachers Canada (THTC), a été formé un an auparavant par cinq enseignants de l’élémentaire qui avaient accompagné des élèves dans le cadre d’une initiative d’Enfants Entraide et qui voulaient retourner travailler avec leurs collègues.

Les besoins en éducation des pays en développement sont gigantesques. La reine Rania de Jordanie parle passionnément des milliers d’écoles qui doivent être réparées, de la pénurie de manuels scolaires et du besoin d’avoir 10 millions d’enseignants supplémentaires dans le monde.

L’enseignement est fondamentalement un geste de partage et la communauté éducative, riche en ressources physiques et intellectuelles, peut faire beaucoup pour donner des outils aux autres. En fin de compte, le bonheur futur de nos élèves dépend de la stabilité et de l’harmonie de notre collectivité mondiale qui ne cesse de rapetisser.

Karen Eckert, EAO, enseigne le français de la 9e à la 11e année, à la Cardinal Carter Academy for the Arts de Willowdale.


Retrait de l’exigence de 194 jours et marché du travail

Félicitations pour votre décision de retirer l’exigence d’accumuler 194 jours d’enseignement. Contrairement à ce que croient de nombreux pédagogues formés en Ontario, cette décision n’entraînera pas un afflux d’enseignants dont l’autorisation était «temporaire» sur le marché du travail.

Formée à l’étranger, j’ai obtenu mon diplôme avec grande distinction et j’ai étudié l’anglais en Grande-Bretagne. Pour cela, j’ai dû satisfaire à des exigences de compétences linguistiques plus strictes que celles des facultés de droit et de médecine de l’Ontario. En trois ans, pour en arriver où je suis (dans une école privée), j’ai dû obtenir trois QA, grâce à ma marge de crédit, et faire du bénévolat pendant un an dans une école publique de l’Ontario.

Si mon certificat avait expiré avant d’avoir pu accumuler 194 jours, je n’aurais pas pu obtenir d’autres documents de mon pays d’origine à cause de la lourdeur de la bureaucratie. Mon seul recours aurait été de m’inscrire à une faculté d’éducation de l’Ontario et de recommencer à zéro.

Maintenant que j’ai mon certificat «permanent», je suis heureuse pour l’instant d’enseigner aux adultes dans un centre d’apprentissage privé. Je continue de postuler auprès des conseils scolaires de temps à autre, mais je ne suis plus désespérée. J’espère que mon histoire persuadera les diplômés de l’Ontario de ne pas s’inquiéter de la concurrence.

Les enseignants formés à l’extérieur de l’Ontario doivent se démener pour obtenir leur certificat. À mon avis, ils méritent leur place.

Olga Abramova, EAO, enseigne l’anglais langue seconde, le français langue seconde et la comptabilité au Grade Learning de Toronto.


Admonestation modèle

J’ai été découragé de lire la lettre de John Douglass Hume (juin 2010) dans laquelle il disait avoir été découragé de lire qu’un enseignant avait été admonesté pour avoir donné une petite quantité de cannabis à un collègue, surtout après avoir appris qu’il enseignait à des enfants de neuf et dix ans.

En démocratie, nous avons tous le droit de nous comporter comme bon nous semble. Cependant, c’est notre société qui détermine, par le biais de ses élus ou de ses institutions telles que l’Ordre, quels comportements et gestes sont acceptables. Les tribunaux jugent quels comportements et gestes sont légitimes. Acheter, posséder et trafiquer des substances illégales demeurent des actes criminels. Parfois, compte tenu des circonstances, ces infractions ne sont pas perçues par la société comme étant graves et, par conséquent, elles sont davantage tolérées. Sachez que l’enseignant que défend M. Hume n’a pas perdu son emploi ni n’a été suspendu, mais a été admonesté. Pourquoi? Probablement parce que les membres élus de son ordre professionnel ont jugé que son comportement n’était pas à la hauteur des normes d’exercice que les membres doivent respecter.

Le fait que M. Hume ne comprend pas ou n’accepte pas sa responsabilité de pégagogue m’attriste. On ne s’attend pas à ce qu’il soit un citoyen exemplaire, mais à ce qu’il travaille avec les parents pour le bien des élèves.

En tant que pédagogues, notre responsabilité est plus grande que celle de la majorité. Les parents et les élèves devraient pouvoir se fier à l’exemple que nous donnons. Ceux et celles qui ne sont pas prêts à accepter ce degré de responsabilité n’ont peut-être pas choisi la bonne carrière.

Bill Boyer, EAO, est directeur d’école du Neuchâtel Junior College, en Suisse.