Soyez les bienvenus au secondaire

de Joyce Mason

Pour la majorité des jeunes, l’arrivée à l’école secondaire correspond à un important changement de statut. Ce moment plutôt exaltant et souvent angoissant se fait longtemps attendre, tout comme l’adolescence d’ailleurs!

Les enseignantes et enseignants des écoles intermédiaires et secondaires cherchent toujours des moyens d’adoucir la transition.

À la Sir Frederick Banting Secondary School de London, ce sont les élèves du cycle supérieur qui se chargent de guider les plus jeunes durant leur rite de passage.

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Il est midi en ce premier vendredi de mai. Des cen­taines d’élèves de la 8e année arrivent à la Sir Frederick Banting Secondary School équipés de leur sac de couchage, de leur pyjama, de leurs articles de toilette et d’autres effets personnels nécessaires à une expédition dans l’inconnu.

Des élèves du cycle supérieur, dont un grand nombre portent des costumes extravagants, viennent à leur ren­contre, cochent leur nom et leur assignent une couleur avant de leur dire de se joindre, dans la cafétéria, à l’une des 15 équipes correspondantes. Ils rencontrent les deux élèves qui agiront à titre de bâtisseurs de compétences pour diriger et guider leur équipe pendant les 24 heures suivantes.

«Quand ils arrivent dans la cafétéria avec leur sac de couchage, nombre d’entre eux sont accompagnés de leurs parents et certains semblent terrifiés et vraiment malheureux, de dire Nancy Carson, conseillère en orientation principale à Banting. Ils savent déjà qu’ils ne seront pas dans le même groupe que leurs amis, car nous le leur avons dit. L’un est dans le groupe orange et l’autre, dans le groupe violet, et des jeunes vêtus bizarrement les accueillent...» Mais l’humeur change assez rapidement.

Cet événement, qui comprend une nuit à l’école, est connu sous le nom «Wild Card». Il ne s’agit pas de recruter des élèves; ces derniers ont choisi leur école secondaire avant le mois de mars. C’est plutôt un moyen de leur souhaiter la bienvenue à l’avance. L’activité est organisée par les élèves du cycle supérieur.

Préparation au leadership

Les deux leaders de chaque équipe, nommés «bâtisseurs de compétences», sont des élèves de 11e et de 12e année. Ils ont tous postulé pour faire ce travail et ont convaincu leurs pairs qu’ils sont suffisamment débrouillards et aimables pour mener un groupe d’élèves de 8e année pendant 24 heures. Il s’agit d’un rôle très convoité.

«L’examen des candidatures dure environ six heures, déclare Emily, l’une des élèves organisatrices cette année. Si leur candidature est intéressante et que ce sont de bonnes personnes, c’est certain que nous mettrons leur nom sur la liste.»

Il y a toutefois plus d’appelés que d’élus. C’est pourquoi la liste des fonctions que peuvent occuper les élèves du cycle supérieur est longue : sécurité, divertissements, service d’alimentation et tournage.

Les organisateurs recherchent les élèves les plus respon­sables et positifs pour jouer le rôle de leader. «Nul besoin d’être parfait, mais il faut avoir du potentiel», explique Emily.

Les organisateurs cernent les problèmes éventuels à l’avance. Emily se souvient d’un candidat au sujet de qui les membres du comité organisateur avaient des réserves. Ils en avaient discuté avec lui. En fin de compte, il a été un leader formidable.

«Cette façon de faire lui a permis de prendre conscience de certains traits à améliorer et l’a encouragé à miser sur ses forces.»

On tient compte de nombreux éléments au moment de choisir les bâtisseurs de compétences. Les organisateurs recherchent des élèves qui ont déjà joué ce rôle et des élèves de 11e année pour qui c’est une première. Ces derniers seront en mesure de prendre la relève l’année suivante. Un garçon et une fille doivent faire partie de chaque équipe. Ils sont jumelés en fonction de leur compatibilité.

Avant d’être jumelés, les bâtisseurs de compétences suivent une formation d’une journée qui inclut des exercices pour briser la glace, bâtir la confiance et abolir les frontières. Pour l’un des exercices, chaque garçon passe deux minutes avec chaque fille. Les participants des deux groupes doivent se concentrer et écouter l’autre pour en apprendre un peu sur leur partenaire potentiel.

«Cela ressemble un peu à des séances de rencontres éclair, dit Emily, en riant. C’est étonnant tout ce dont ils peuvent parler en deux minutes... Ils commencent à parler d’un sujet et, à la fin, la conversation porte entièrement sur autre chose.»

À la fin de la journée, tout le monde se sent très à l’aise avec le reste du groupe.

Durant la formation des bâtisseurs de compétences qui a lieu deux semaines avant Wild Card, les leaders apprennent à se connaître et s’entraînent à jouer leur rôle. On répond aussi à toutes leurs préoccupations et questions.

Comme certains ont déjà vécu l’expérience, chacun peut apprendre des autres. Par exemple, au cours de la formation, les élèves qui ont déjà servi de bâtisseurs de compétences expliquent comment ils ont résolu certains problèmes, comme quand un élève ne veut pas participer.

«Les élèves de 8e année ne sont pas tous enthousiastes à l’idée de lâcher leur fou et beaucoup d’entre eux se croient trop “cool” pour participer à de nombreuses activités», fait remarquer Emily.

La meilleure façon de procéder est de ménager ces jeunes “cool” et de leur dire que c’est normal de ne pas se sentir à l’aise durant une activité. Leur attitude change à la longue.

Cette année, il y avait 30 bâtisseurs de compétences pour les 15 équipes d’élèves de 8e année, et 70 autres élèves ont joué divers rôles. Avant l’événement, ces autres élèves ont participé à deux séances de formation d’une heure.

Que la fête commence!

La journée commence et on guide les équipes de 8e année d’une séance à une autre, toutes remplies de jeux et de plaisir : on brise la glace, on travaille en équipe, on commu­nique, on bâtit sa confiance et on abolit les frontières.

On mange des sous-marins géants.

Des numéros divertissent les jeunes.

On sert de la pizza et de la salade.

«À la fin de la soirée, on transcende les frontières, raconte Emily. C’est un moment agréable au cours duquel ils   parlent de choses et d’autres.»

Avant de commencer, ils s’installent confortablement, allument des chandelles (placées sur du papier d’aluminium qui recueille la cire chaude) et établissent les règles : on peut refuser de répondre à une question. Il ne faut pas juger, ne pas insister, ne pas être indiscret, ne pas trahir les confidences.

Dans le petit manuel bien pratique qu’ils reçoivent pendant leur formation, les bâtisseurs de compétences trouvent plus de 40 questions à poser, selon les intérêts et la maturité de leur groupe : «Quelle est ta chanson préférée ou ton style de musique favori?» ou «Décris un souvenir heureux.» ou encore «Quand as-tu pleuré la dernière fois?»

«Un garçon et une fille doivent faire partie de chaque équipe. Ils sont jumelés en fonction de leur compatibilité.»

Après cela, garçons et filles sont envoyés pour la nuit dans leur gymnase respectif. Des enseignants et du personnel de sécurité les accompagnent. Les leaders bénéficient d’une pause d’environ cinq heures, soit jusqu’au matin.

«C’est à ce moment-là que les bâtisseurs de compétences se réunissent pour discuter de toute question ou situation qui les préoccupe, dit Mme Carson.

«Mais nous les encourageons à demander de l’aide n’importe quand.

«Les bâtisseurs de compétences sont excellents et travaillent avec ardeur, mais ils n’ont pas peur de demander de l’aide. Ils peuvent s’adresser à un enseignant et dire : “Il y a deux élèves dans mon groupe qui semblent en conflit, que puis-je faire?”»

Sans s’imposer, les enseignants demeurent vigilants pour déceler d’éventuels problèmes.

Cette année, par exemple, Mme Carson était préoccupée au sujet d’un garçon de 8e année qui s’était montré plutôt négatif et qui avait eu des opinions très arrêtées lors d’une visite guidée à l’école en janvier. Au début, pendant Wild Card, il avait insulté plusieurs personnes dont le personnel de la cuisine. Mme Carson examinait même la possibilité de le retirer de son groupe et de l’envoyer chez lui, ce qui est très rare.

«En onze ans, je n’ai renvoyé qu’un seul enfant à la maison, affirme-t-elle. Mais les choses n’en sont pas arrivées là cette année. Le bâtisseur de compétences voulait vraiment que nous le laissions avec lui. Il était déterminé à renverser la situation.» Et il y est parvenu.

«Cela m’a rappelé à quel point les leaders travaillent fort pour établir des liens», ajoute Mme Carson.

Une nouvelle journée

Le samedi matin, on se réveille en ayant très peu dormi. Dans le gymnase des garçons, c’est au pistolet à eau qu’on les tire du sommeil.

Tout le monde se réunit à la cafétéria pour d’autres exercices avant de manger. Puis, on retourne au gymnase pour d’autres activités et on se regroupe en fonction des mêmes petites équipes. On discute de ce qu’on a fait et de ce qu’on a aimé.

Vers la fin de la matinée, les bâtisseurs de compétences commencent à distribuer des morceaux de papier que les jeunes collent dans le dos de leurs compagnons. Cela n’est que le début d’un rituel qui marque la fin de Wild Card et qui est emprunté au DARE (voir «Les débuts de Wild Card», ci-contre).

«Quand les parents viennent chercher leurs enfants, le samedi midi, le changement est frappant.»

«Au DARE, on commence avec “Je suis spécial parce que…”, mais à Wild Card, nous écrivons : “Je suis extravagant parce que…”. Et chaque élève écrit sur le dos des autres élèves quelque chose de positif, quelque chose qu’il a aimé à propos de cette personne. Et il faut les arrêter, parce qu’ils veulent continuer.»

Ensuite, tout le monde regarde la vidéo de l’événement. Des élèves de l’école ont tout filmé et n’ont pas fermé l’œil de la nuit afin de faire le montage, avant de graver le résultat final sur un DVD, à 5 h 30.

Quand les parents viennent chercher leurs enfants, le samedi midi, le changement est frappant.

«Les parents sont un peu impatients de s’en aller, mais les jeunes s’attardent. Ils embrassent leur bâtisseur de compétences, ils s’embrassent, dit Mme Carson. Ils ne veulent vraiment pas partir. Et c’est ce que je trouve le plus émouvant.»

À partir de là

De nombreux élèves connaissent Wild Card parce que soit un ami, soit un frère ou une sœur y a participé. L’activité reflète grandement l’ambiance à l’école et attire plus d’un nouvel élève. Toutefois, le personnel et les élèves de Banting affirment qu’il ne s’agit pas d’une activité de recrutement.

Premièrement, ils ne font pas de publicité pour l’événement avant la fin du mois de mars ou le début du mois d’avril, c’est-à-dire à un moment où le choix de l’école secondaire est déjà fait.

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Dans le gymnase des filles, la nuit est très courte.

Deuxièmement, comme le fait remarquer le directeur de Banting, Tony Jones, même si la majorité de ceux qui participent à Wild Card seront des élèves de l’école à l’automne, tout élève de 8e année d’une école d’accès à Banting peut y participer. Les jeunes en profitent beaucoup. D’autres écoles de la région ont des programmes spéciaux ou offrent des activités parascolaires. Mais cela ne signifie pas que leurs élèves ne gagneront rien à participer à Wild Card, et les employés de Banting s’accordent pour dire qu’ils veulent que le plus d’élèves possible puissent en profiter.

Cette année, des 205 élèves qui ont participé à Wild Card, 21 étaient inscrits à d’autres écoles.

À la fin du mois de mars et au début du mois d’avril, des élèves de Banting visitent les écoles d’accès et y font des présentations au sujet de l’activité. Ils apportent des trousses de renseignements qui comprennent une description de l’événement et de son objectif, des formulaires d’autorisation et une liste d’objets que les élèves peuvent apporter.

Comme l’activité entraîne des coûts, on demande aux jeunes de 8e année de payer 35 $ chacun.

«Mais nous leur disons clairement que, si quelqu’un n’a pas suffisamment d’argent pour payer ce montant, il peut tout de même venir», dit George, le président du comité d’élèves de Banting, qui a supervisé l’aspect financier de l’événement cette année. En établissant le budget, les organisateurs tiennent compte de ceux qui ne peuvent se permettre de payer, essaient de réduire les coûts au minimum et essaient d’obtenir des dons.

Être responsable

Les élèves sont la force motrice de Wild Card. Ils l’ont créé. Ils l’apprécient et le perpétuent. Ils en assurent le financement par l’intermédiaire de collectes de fonds et ils l’organisent. Cette année, environ 100 élèves de Banting ont contribué à l’événement. L’école compte environ 1 100 élèves.

Chaque année, les organisateurs choisissent un thème et en gardent jalousement le secret afin de susciter l’enthousiasme à l’arrivée des élèves de 8e année. Cette année, le thème était «Le tour du monde en deux jours!»

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Les équipes participent à diverses activités, y compris à des exercices pour accroître la confiance et abolir les frontières.

Les élèves de Banting participent à un concours de conception du t-shirt de Wild Card, qui doit tenir compte du thème. Ils postulent pour siéger à différents comités, pour servir la nourriture et pour guider ou surveiller leurs cadets. Ils se proposent aussi pour présenter des numéros.

«Pendant l’événement, nous offrons différents ateliers, comme un atelier sur la danse ou sur les tours de magie avec les cartes, dit Emily. Nous essayons de mettre divers talents en valeur.»

Les élèves tentent le plus possible d’intégrer le thème de l’année aux activités. Par exemple, en 2007, lorsque le thème était le cirque, ils se sont inspirés d’un cirque à trois pistes pour présenter des activités. Les talents cachés, bizarres et inimaginables, de leurs collègues ont été mis en vedette : nous avions des jongleurs, des acrobates et des contorsionnistes.

Cette année, on a notamment présenté un spectacle  de la 9e année intitulé The Nightmares of High School. L’horreur s’est heureusement dissipée à la fin et le spectacle s’est terminé par une prise de conscience du monde de l’école secondaire.

«Il s’agit de ne pas passer à côté de ses années à l’école secondaire, de ne pas avoir peur d’avoir l’air fou et de ne pas être trop timide.»

Wild Card utilise aussi les services de professionnels. Les élèves de 8e année ont été particulièrement impressionnés par Jeff West, un hypnotiseur qui enseigne également au Fanshawe College. Ian Tyson, qui donne des conférences sur la motivation, a également connu un grand succès.

M. Tyson parle de l’importance de vivre le moment présent. Il s’agit de ne pas passer à côté de ses années à l’école secondaire, de ne pas avoir peur d’avoir l’air fou et de ne pas être trop timide.  Il a certainement donné l’exemple.

«C’est vrai, dit Emily. Je ne crois pas qu’ils soient conscients du fait qu’il leur a enseigné quelque chose. Il est tellement drôle qu’il transmet bien son message à tout le monde.»

Une partie de plaisir

«Il s’agit simplement de s’amuser», disent de nombreux élèves, administrateurs et conseillers en orientation ayant participé à l’organisation de l’événement. «Nous trouvons important de conserver l’innocence des jeunes», dit Mme Carson.

Le guide de formation des élèves leaders et bénévoles dit explicitement qu’ils sont responsables : ils sont des modèles pour les jeunes. Leur mission est de créer un espace où règnent l’acceptation, l’aventure, la sécurité et le plaisir.

«Une année, au début, j’ai pensé qu’on aurait pu ajouter une activité sur les compétences pour l’étude, dit Mme Carson en riant. L’enseignante en moi pensait : “Sensationnel! Tous ces enfants se préparent pour l’école secondaire. C’est une occasion à saisir”.

«Mais ce n’est pas de ça qu’il s’agit et, après toutes ces années, j’en ai pris conscience. C’est en réalité une question de bonté. C’est une question de se divertir et de créer des liens. On veut qu’ils commencent l’école secondaire du bon pied à cet égard. Et c’est vraiment une partie de plaisir.»

Les grands moments

«Quand les élèves de 8e année reviennent à l’école le lundi, après Wild Card, ils sont vraiment dynamiques et enthousiastes, dit Heather Buchan, soutien à l’apprentissage et enseignante de sciences de 8e année à la Orchard Park Elementary School, l’une des écoles d’accès à Banting. La majorité d’entre eux portent leur t-shirt de Wild Card.»

Deux filles à Orchard Park sont d’accord : «Wild Card était génial!» Elles admettent qu’elles ne voulaient pas, lorsqu’elles sont arrivées, être séparées de leurs amies, mais que cela les a probablement aidées. «C’était une bonne façon de rencontrer de nouvelles personnes.»

Elles énumèrent les grands moments de l’événement : jeux, abolition des frontières, hypnotiseur, soirée pyjama, pistolets à eau, humoriste, danse. «C’était tellement amusant!» résume l’une d’elles.

Quand on leur demande si elles pensent que Wild Card a changé la façon dont elles se sentiront à leur entrée à l’école secondaire, elles n’ont ni doute ni hésitation. La réponse est un oui retentissant.

«J’étais tellement nerveuse», dit cette adolescente de 13 ans, presque euphorique. Elle éclate ensuite de rire avec son amie, peut-être en raison des souvenirs qu’elles partagent. C’est avec assurance qu’elles attendent la rentrée au secondaire.

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La bande qui assure la sécurité.

Les débuts de Wild Card

Il y a douze ans, deux élèves inscrits à un programme de leadership ont conçu Wild Card.

Nancy Carson, conseillère en orientation principale à la Sir Frederick Banting Secondary School de London, explique comment l’idée leur est venue.

Emily et Andrew avaient participé au DARE, une retraite pour leaders qui se tient chaque automne à Banting et à laquelle tous les élèves de l’école peuvent participer. Ils en ont retiré beaucoup et ont pensé qu’il serait formidable que les élèves de 9e année arrivent à Banting en aimant l’école et en ayant déjà du plaisir.

«Notre directeur à l’époque, Ted McTavish, croyait en ces élèves et en leur leadership. Ces élèves étaient exceptionnels et j’avais vraiment confiance en leur jugement», dit Mme Carson.

Sous la supervision de Mme Carson, les élèves ont obtenu le feu vert, et le premier Wild Card a eu lieu au printemps 1998.

Mme Carson se souvient qu’il n’a pas été facile d’intéresser les élèves de 8e année à l’événement parce que celui-ci était unique.

«Je crois qu’environ 120 élèves de la 8e année y ont participé la première année. C’était donc plus petit à ce moment-là, mais tout de même assez important», se souvient-elle en accordant tout le mérite de ce succès au «pur charisme» des deux élèves qui sont allés dans les écoles pour présenter le projet aux élèves.

Cette année, les élèves chargés de l’organisation ont présenté à Mme Carson un album de souvenirs des événements antérieurs, dont des lettres de remerciement d’Emily et d’Andrew. Emily dirige maintenant des retraites pour entreprises; elle les appelle des Wild Cards pour adultes. Andrew, qui avait pensé devenir enseignant, est agriculteur biologique en Colombie-Britannique. Dans sa lettre, il parle de son désir de demeurer jeune d’esprit, c’est-à-dire de s’amuser et de rire dans la vie.

Vers l’école secondaire

Même si la journée Wild Card de la Sir Frederick Banting High School est inhabituelle (parce qu’elle est ouverte aux élèves qui ne fréquenteront pas nécessairement l’école et que l’on propose cette expérience plusieurs mois avant la rentrée scolaire), notons que partout dans la province des écoles disposent d’une grande variété d’outils pour accueillir les élèves. Il existe de nombreuses variations et innovations, et les rôles de leaders que les élèves du cycle supérieur jouent sont très importants.

Chaque hiver, des écoles offrent des séances d’information aux élèves entrant à l’école secondaire à la rentrée suivante. Il existe des manuels d’introduction à l’école secondaire et les élèves de 8e année peuvent visiter de nombreuses écoles secondaires potentielles pendant une journée, en janvier. À cette occasion, ils peuvent se promener dans une école et assister à des cours de 9e année, à des démonstrations et à des séances d’information.

Des élèves d’écoles secondaires vont faire des présentations sur l’intimidation et le harcèlement.

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Des élèves du cycle supérieur accueillent les futurs élèves de la 9e année. «On ne se prend pas trop au sérieux», disent-ils.

Les activités d’accueil, comme les barbecues d’introduction et les journées de jeux et d’activités, ont lieu peu avant ou peu après la rentrée. Dans de nombreuses écoles, les élèves du cycle supérieur sont jumelés à des élèves de la 9e année dans le cadre de programmes de mentorat et d’information.

Selon Debbie Green, coordonnatrice pour le succès des élèves au Avon Maitland District School Board, les programmes de transition sont très variés et adaptés aux besoins. De plus, après le début de la 9e année, on offre de nombreux services de soutien.

Les enseignantes et enseignants des écoles intermédiaires et secondaires collaborent et communiquent pour adoucir la transition. Les enseignants de 8e et de 9e année échangent souvent de l’information. Dans de nombreux conseils scolaires, ils se consultent également au sujet des notes et des attentes qu’ils ont à l’égard des élèves. Et, bien sûr, les conseillères et conseillers en orientation organisent des séances supplémentaires avant et pendant la transition pour les élèves «à risque».

Camp Lajeunesse

Tout comme ceux qui ont créé Wild Card, les personnes qui ont organisé un camp de jour en juillet dans la région de Windsor (à l’intention des élèves se préparant à entrer à l’École secondaire catholique E.J. Lajeunesse) estiment que leur objectif est d’aider les jeunes à faire le saut de la 8e à la 9e année et, surtout, de leur permettre de se créer des souvenirs qui dureront toute leur vie.

Ces élèves ont participé à un camp de leadership d’une durée d’un mois. Tout comme Wild Card, ce programme aide les élèves à avoir confiance en eux, à améliorer leurs aptitudes pour la communication, à développer des compétences en leadership et à se faire de nouveaux amis avant de commencer l’école secondaire. Mais, dans ce cas, les élèves gagnent en prime un crédit en langue avant la rentrée. Le camp met l’accent sur la francité et sur le travail communautaire, offre des ateliers sur la santé, la nutrition et le théâtre, et se termine par une visite à Ottawa, où les élèves participent à la production théâtrale L’écho d’un peuple.

«Nos élèves de 9e année qui ont participé au camp l’an dernier s’investissent énormément, dit Michelle Bloomfield, directrice ajointe à E.J. Lajeunesse. Ils participent à de nombreuses activités parascolaires qui ne sont habituellement pas destinées aux élèves de 9e année.»

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