frecover.jpg (7130 bytes)
Mars 1999

frreview.jpg (4608 bytes)


review4.jpg (5471 bytes)
Real Boys:
Rescuing Our Sons From The Myths of Boyhood

Harvey Daniels et Marilyn Bizar
New York; Random House, 1998

Critique de Michael Reist

Dans Real Boys, William Pollack, psychologue de Harvard, tente de faire pour les garçons ce que Mary Pipher a fait pour les filles avec Reviving Ophelia, prêter une oreille à la voix des «vrais garçons» derrière le masque qu’ils portent.

Derrière la façade contrôlée des garçons en public bouillent des émotions intenses – amour, peur, colère, enthousiasme, passion – émotions que les filles peuvent exprimer mais que les garçons doivent réprimer précisément parce qu’elles sont associées à un monde féminin.

Comme tout enseignant ou parent d’un garçon le sait, l’insulte suprême qu’un garçon peut envoyer ou recevoir est celle d’être appelé «gai», un emblême pour toutes les fois où on laisse son côté féminin dépasser l’armure extérieure.

Pollack blâme ce qu’il appelle le processus d’endurcissement par la honte qui commence dès la naissance chez les garçons. Le jeune garçon est invité à s’endurcir, à couper les liens avec sa mère. Chez un garçon, on tolère difficilement les sentiments de peur ou d’insécurité. Cet ajustement survient habituellement, d’après Pollack, aux dépens de la vie expressive du garçon.

Pollack expose bon nombre des préjugés inconscients que nous avons sur les caractéristiques innées chez le garçon, dont bon nombre sont non seulement fausses, mais aussi destructrices. Il parle, par exemple, du mythe du «garçon toxique» – la notion que le garçon est naturellement bruyant, agressif, exubérant et destructeur du climat scolaire. Le garçon, semble-t-il, a besoin d’être maîtrisé, apprivoisé ou civilisé.

Pollack consacre tout un chapitre sur les implications de ce comportement à l’école. Il cite la montée astronomique de l’utilisation du Ritalin chez les garçons et le nombre disproportionné de garçons dans les classes de troubles de comportement et de troubles d’apprentissage. Ces diagnostics nous en disent-ils plus sur les garçons ou sur notre attitude envers les garçons? L’école comprend-elle les besoins des garçons?

«De l’élémentaire jusqu’au secondaire, les garçons reçoivent des notes inférieures par rapport aux filles. Les garçons de 8e année sont en retenue 50 pour cent plus souvent que les filles. Au secondaire, les garçons représentent les deux tiers des classes d’élèves en difficulté. Moins de garçons que de filles se rendent au collège et y obtiennent un diplôme.» On encourage la participation aux sports agressifs; l’engagement envers le travail scolaire ou tout type de poursuite intérieure est ridiculisé au sein du groupe de pairs, une violation flagrante du code des garçons.

Ce livre est une lecture essentielle pour les enseignantes et enseignants et les parents. Si nous voulons que nos garçons se développent pleinement, il faut les récupérer des mythes que l’on trouve dans la culture contemporaine, mythes qui les tiennent enfermés dans une armure de contrôle.

Michael Reist est chef du secteur d’anglais à la Robert F. Hall Catholic Secondary School à Caledon East.