
Real Boys:
Rescuing Our Sons From The Myths of Boyhood
Harvey Daniels et Marilyn Bizar
New York; Random House, 1998
Critique de Michael Reist
Dans
Real Boys, William Pollack, psychologue de Harvard, tente de faire pour les garçons ce
que Mary Pipher a fait pour les filles avec Reviving Ophelia, prêter une oreille à la
voix des «vrais garçons» derrière le masque quils portent.
Derrière la façade contrôlée des garçons en public
bouillent des émotions intenses amour, peur, colère, enthousiasme, passion
émotions que les filles peuvent exprimer mais que les garçons doivent réprimer
précisément parce quelles sont associées à un monde féminin.
Comme tout enseignant ou parent dun garçon le sait,
linsulte suprême quun garçon peut envoyer ou recevoir est celle dêtre
appelé «gai», un emblême pour toutes les fois où on laisse son côté féminin
dépasser larmure extérieure.
Pollack blâme ce quil appelle le processus
dendurcissement par la honte qui commence dès la naissance chez les garçons. Le
jeune garçon est invité à sendurcir, à couper les liens avec sa mère. Chez un
garçon, on tolère difficilement les sentiments de peur ou dinsécurité. Cet
ajustement survient habituellement, daprès Pollack, aux dépens de la vie
expressive du garçon.
Pollack expose bon nombre des préjugés inconscients que
nous avons sur les caractéristiques innées chez le garçon, dont bon nombre sont non
seulement fausses, mais aussi destructrices. Il parle, par exemple, du mythe du «garçon
toxique» la notion que le garçon est naturellement bruyant, agressif, exubérant
et destructeur du climat scolaire. Le garçon, semble-t-il, a besoin dêtre
maîtrisé, apprivoisé ou civilisé.
Pollack consacre tout un chapitre sur les implications de ce
comportement à lécole. Il cite la montée astronomique de lutilisation du
Ritalin chez les garçons et le nombre disproportionné de garçons dans les classes de
troubles de comportement et de troubles dapprentissage. Ces diagnostics nous en
disent-ils plus sur les garçons ou sur notre attitude envers les garçons? Lécole
comprend-elle les besoins des garçons?
«De lélémentaire jusquau secondaire, les
garçons reçoivent des notes inférieures par rapport aux filles. Les garçons de 8e
année sont en retenue 50 pour cent plus souvent que les filles. Au secondaire, les
garçons représentent les deux tiers des classes délèves en difficulté. Moins de
garçons que de filles se rendent au collège et y obtiennent un diplôme.» On encourage
la participation aux sports agressifs; lengagement envers le travail scolaire ou
tout type de poursuite intérieure est ridiculisé au sein du groupe de pairs, une
violation flagrante du code des garçons.
Ce livre est une lecture essentielle pour les enseignantes et
enseignants et les parents. Si nous voulons que nos garçons se développent pleinement,
il faut les récupérer des mythes que lon trouve dans la culture contemporaine,
mythes qui les tiennent enfermés dans une armure de contrôle.
Michael Reist est chef du secteur danglais à la
Robert F. Hall Catholic Secondary School à Caledon East.